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28 août 2017 1 28 /08 /août /2017 07:39

Saint André en Barrois,

Le 26/08/2017,

Hommage rendu à l’occasion du stage de formation d’été organisé par les initiateurs du texte alternatif n°4 lors du 37ème congrès.

Écrit et lu par Alain Girard.

Juillet 1940, le Nord Pas de calais devient la Zone interdite et se trouve rattachée au commandement allemand de Bruxelles.

Dans la même période, en Alsace Lorraine, la frontière de 1871 est rétablie, la Lorraine est coupée en 2. La Moselle est rattachée au territoire de Sarre Palatinat, c’est l’annexion. Les richesses industrielles et minières, comme celles du Nord, expliquent évidemment la place accordée par le pouvoir nazi dans le cadre du Reich millénaire.

Pour tenir en mains la Lorraine française, un préfet collabo, fervent anti communiste, Jean Schmidt qui déploiera tout son zèle dans les départements demeurés français mais constituant la Zone réservée, il déclarera « cette amputation doit être acceptée par le patient et exécutée vite pour ne pas être recommencée ou étendue ». Tout était dit.

3 Corps d’armées allemands occupent la Meurthe et Moselle particulièrement dévastée par les combats.

 Dans le Nord Pas de calais c’est le Préfet Fernand Carles qui officie avec le même engouement.

A l’évocation de ces régions,  ces particularités : industries et agriculture et de fait, c’est à un mouvement syndical puissant, un Parti Communiste français et ses militants très actifs et structuré que se trouve confronté le pouvoir nazi et ses sbires français et autres fidèles serviteurs de cette classe bourgeoise qui avait choisi Hitler plutôt que le front populaire, choix de caste, de classe, choix de la trahison.

La Meuse demeure le point faible de par sa très faible industrialisation et son isolement géographique, la résistance connaît de nombreuses difficultés, cependant dans ce territoire différents mouvements émergent : essentiellement  de ce qui allait devenir la mouvance gaulliste et celle des communistes.

La faiblesse organisationnelle du PCF, de ses effectifs, une répression féroce, active et efficace parviennent à quasiment liquider toute notre organisation dans ce département.

Cependant dans les environs, le groupe de Giovanni Paci, communiste, sabote la centrale électrique qui alimente le haut fourneau d’Auboué,  c’est avec l’appui de la préfecture de Pétain que le groupe est démantelé, des otages exécutés. Le groupe Marcel Simon, ouvrier chaudronnier communiste, prend la relève,  les sabotages contre l’appareil de production sont spectaculaires.

La résistance, de fait, se militarise, la lutte armée se dessine.

Juillet 1941, le groupe Mario, communiste, en Moselle, met en place les premiers groupes de combat, les dépôts d’armes, l’aide au passage des réfractaires et toujours les sabotages. 2000 membres, l’hiver 1943-1944, le groupe est quasiment anéanti, 752 camarades sont arrêtés.

Si les mineurs du Nord Pas de Calais ont mené au bout la grève et la terminent en réclamant des armes,  sans oublier les grèves qui touchent des usines  du Nord, mouvement animé par les femmes du textile essentiellement,  au prix d’une répression d’une sauvagerie sans nom, en Lorraine, la classe ouvrière paie également le prix. Sur les 752 arrêtés, 57% sont des ouvriers d’usine, 22% des mineurs (charbon et fer), 11% des cheminots et parmi eux, une centaine de camarades  italiens et une cinquantaine de camarades polonais.

Oui, Lorraine et Nord Pas de Calais, la lutte pour la Libération nationale et au-delà pour nombre d’entre eux, le combat pour une société débarrassée des antagonismes de classe, cette lutte est celle de la classe ouvrière et de ses éléments les plus conscients, les plus avancés.

Dès lors, la Meuse voit une répression terrible, le PCF est en voie de disparition, avant guerre, il ne recueille que 3% des voix, ses dirigeants sont tous tombés les 21 et 23 juin 1941 et seront internés au camp de Compiègne, vous imaginez ce qu’ils sont devenus et pourtant le Maquis d’Argonne tient bon.

Le maquis regroupe 1080 combattants, parmi eux 250 étrangers, polonais mais également soviétiques, évadés des mines de fer où ils ont été déportés.

Alors que s’approche le 100ème anniversaire de la révolution d’Octobre 17, nous pouvons aujourd’hui rendre hommage aux Groupe Stalingrad du maquis d’Argonne, 37 évadés des camps lorrains, 37 soldats de l’Armée rouge. Hommage au groupe Tchapaiev, encore du Maquis d’Argonne dont la mémoire est aujourd’hui enfouie dans un silence étonnant…

Nos camarades de la cgt Meuse ont initié le rappel à la mémoire ouvrière, ici même, l’an passé et le feront à nouveau cette année.

Autre hommage et là, il faut aller lire la presse russe, comment ne pas saluer ces femmes héroïques, le mot reste si faible.

1er Mai 1944, Thil, mine de fer, à 90 kms d’ici, 37 femmes, toutes originaires des Républiques d’Union soviétique, déportées là, défilent, elle ont fabriqué en cachette leur drapeau rouge, elle portent au front des foulards de la même couleur. Du train qui les amène sur le lieu d’esclavage, elles osent marcher jusqu’à la mine en chantant notre chant, notre Internationale.

Honneur aux 37 femmes du détachement Rodina, qui, en pleine nuit, finissent par s’évader, marchent 90 kms et rejoignent… Le maquis d’Argonne où elles exigeront de participer aux combats.

Pendant ce temps, décapitée, la direction de la Résistance communiste se réorganise, Charles Duquesnoy et 9 autres camarades ont rejoint la Meuse pour rétablir l’organisation du parti.

Venus du Pas de calais, les 10, vous l’aurez deviné, sont tous des ouvriers, des mineurs, comme leurs frères de combat en Lorraine, le charbon, le Fer.

 Ils sont  les FTPF.

On pourrait dire ici, pour reprendre un chef d’œuvre de la littérature soviétique, que chez nous, c’est avec eux, par eux, que « L’acier fut trempé ».

Belgique, Allemagne, Luxembourg, les 3 frontières de proximité de cette Meuse qui nous accueille ces jours ci. 3 nations où, là également, la Résistance communiste fut déterminante.

Nos camarades venus de Belgique et du Luxembourg en savent quelque chose !

Charles Duquesnoy, mineur ouvrier, tombe ici, il a combattu aux côtés de Catherine Varlin, chargée d’organiser les évadés soviétiques, future journaliste de L’Humanité, alors organe central de notre parti.

Charles Duquesnoy, devait-il demeurer dans les tréfonds de l’Histoire, comme désormais dans bien trop d’endroits, la mémoire s’efface, est gommée, volontairement, sciemment.

En cet instant, celui  qui devrait être celui de la minute de silence , je vous demande de fermer les yeux, quelques instants, et d’entendre :

Guy Moquet, mort au combat

Danielle Casanova, morte au combat

Gabriel Péri, mort au combat

Eusébio Ferrari, mort au combat

Hersz Pawlowski, mort au combat

Manoukian et ceux de l’Affiche rouge, morts au combat

Olga Bancic, morte au combat

Georges Politzer, mort au combat

Emilienne Mopty, morte au combat

Pierre Semard, mort au combat

 Colonel fabien, mort au combat

Joseph Epstein, mort au combat

Vous les avez revus, j’en suis certain, notre Histoire, celle  qui nous a été transmise fait ce que nous sommes : des communistes.

ET désormais nous pouvons ajouter  , Charles Duquesnoy et  ceux du maquis d’Argonne.

Nous sommes les descendants du Parti des Fusillés, nous en sommes le prolongement, les reconstructeurs dirait la presse. Notre combat est celui de celles et ceux qui n’acceptent pas que, devenus ignorants de notre propre passé, nous nous condamnerions à le revivre.

Nous sommes là, avec nos drapeaux rouges, comme celui des 37 femmes soviétiques, comme celui des soldats de l’Armée rouge enterrés à Valleroy en Meurthe et Moselle, morts en esclavage.

 Il y a quelques jours, autres anniversaires, Hiroshima, Nagasaki, folie meurtrière d’un Etat qui en 2017, envisage de bombarder le monde, de la Corée du Nord au Vénézuela et que dire de l’Irak, de la Libye, de la Syrie, que dire de ce nouvel impérialisme  qui se voit s’accoupler à leur Union Européenne, celle-ci amarrée à un Donald Trump, pas bien pire que ces prédécesseurs qui cependant lessivent leurs conscience, faudrait il oublier que sous Obama, sous Clinton et sous Bush, père et fils, Mumia pourrit toujours en prison, comme des milliers de ses frères.

Le capitalisme c’est la guerre, l’impérialisme c’est la fin de tout. Alliés de  toujours contre les peuples, ennemis de demain pour les profits et les tranchées pour qui ? Verdun , c’est à 20  kms d’ici.

Le 23 septembre, dans toute la France, il s’agira de porter le combat pour la paix, pour le désarmement nucléaire, à commencer par chez nous, pour s’opposer à ces « opérations extérieures » au relent colonialiste et de pillages, pour porter l’exigence immédiate de la sortie de la France de l’Otan, cette arme de destruction massive.

Nous avons ce devoir de connaître, de transmettre ce qui fait notre raison d’être : Résister et Vaincre.

Nous ignorons tout ou presque, des 10 du Pas de calais, nous savons que Charles Duquesnoy avait 22 ans, à quoi rêvait-il à 22 ans, à quoi rêvions-nous ou rêvons-nous à cet âge ?

A quoi rêvait sa petite fille, sa femme qui accouchera de leur second enfant en étant veuve ?

Charles Duquesnoy a, aujourd’hui, repris sa place dans notre Histoire, nous ignorons bien sûr ce qu’il aurait pensé de nos jours alors, contentons-nous d’être fidèles à ce qui l’a amené au sacrifice ultime :

LE SOCIALISME POUR LA FRANCE !

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Publié par pcfmanteslajolie - dans Histoire Congrès PCF
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25 août 2017 5 25 /08 /août /2017 08:37

photo d'illustration (source : europe 1 )

 

C'est cette véritable histoire de la faucille et du marteau que vous allez découvrir sur mon blog. La faucille et le marteau, deux outils qui entremêlés symbolisent le communisme. Que cela plaise ou pas et bien que l'Union soviétique ait disparu, cet emblème garde sa puissante signification. Déclaré suranné par certains, il évoque toujours l'espoir de jours meilleurs pour des millions de femmes et d'hommes à travers le monde. Mais d'où vient cet emblème? Qui l'a suggéré, qui l’a créé, qui l’a dessiné ? De quand date t- il ?

faucille-marteau01.jpeg

Que la faucille et le marteau soient un héritage de la révolution russe, rien n'est plus évident. C'est pendant l'hiver de 1918 que le Conseil des commissaires du peuple se préoccupa de faire établir un emblème pour le sceau du gouvernement et le pays alors que diverses représentations spontanées avaient déjà vu le jour. La tâche fut confiée à un artiste, Alexandre Léo. Celui-ci élabora un premier projet représentant une faucille, un marteau, un glaive entrecroisés devant un bouclier d'acier, le tout entouré d'une couronne d'épis. Le Conseil des commissaires du peuple en discuta à partir du 20 avril. Lénine se prononça pour la suppression du glaive : qu'avait à faire celui-ci sur le sceau d'un état qui se voulait pacifique ? (1) Restèrent donc la faucille et le marteau qui furent d'ailleurs reprises en mai et juin 1918 dans bien d'autres projets (2). Retenons déjà la signification pacifiste de ce choix. La faucille et le marteau furent conservées dans les armes de la RFSFR prévues par la première constitution de celle-ci en juillet 1918, puis dans les armes de l'URSS en 1922.

 

Dès 1918-19 d'ailleurs, en Russie, la faucille et le marteau, emblèmes très vite populaires, se croisent ou voisinent, comme ce fut le cas pour les emblèmes républicains à l'époque de la Révolution française, sur toutes sortes d'objets, plats, médailles, timbres (3) etc., tandis que des artistes les reprennent dans leurs compositions, comme le peintre Jean Pougny, qui né en Finlande, travaillait alors en Russie.

faucille-marteau04.jpg

 

Que représentent dans l'imaginaire alors le marteau et la faucille? Le marteau, c'est le travail industriel assurément, mais c'est aussi l'ouvrier, plus généralement l'homme caractérisé par sa vigueur corporelle, car ce marteau peut être aussi une " masse ", lourde à porter. Outil polyvalent utilisé dans de très nombreux métiers et même dans les travaux domestiques - qui n'a pas aujourd'hui un marteau chez soi ? —, il apparaît assez bien adapté à la représentation du travail industriel ou artisanal, surtout si l'on tient compte du fait que les représentations symboliques des réalités matérielles sont souvent marquées par un certain archaïsme.

 

Quant à la faucille, c'est loin d'être seulement un symbole du travail agricole. Bien que le mot faucille en russe (" serp ") soit masculin, la faucille c'est l'outil de la femme à la campagne alors que les hommes utilisent plutôt la faux. La faucille, c'est donc aussi la femme, ce que suggèrent peut-être implicitement ses formes arrondies. Une affiche du 1er Mai 1920 en Russie illustre cette interprétation. On y voit, s'avançant fièrement vers l'avenir, côte à côte, un ouvrier portant une lourde masse, un paysan pourvu d'une faux, une paysanne portant une faucille. La meilleure illustration de cette dualité faucille - marteau se trouve dans le monument du pavillon soviétique à l'Exposition universelle de Paris en 1937, qui fut justement célèbre: un ouvrier et une kolkhozienne tendent vers le ciel, entrecroisés, le premier un marteau, la seconde une faucille. La signification apparaît claire : la société soviétique réconcilie le travail agricole et le travail industriel sur fond de paix comme elle unit plus étroitement l'homme et la femme.

faucille-marteau02.jpg

Il était normal qu'en France, où la pratique des symboles politiques était familière (avec le bonnet phrygien, par exemple), l'attirance pour le symbole nouveau fut vive. Dans la tradition républicaine et socialiste française, bien des éléments préparaient son adoption. La franc-maçonnerie avait déjà popularisé la représentation emblématique des outils du travail (le niveau, le fil à plomb). La marteau était, à travers le personnage du " forgeron ", familier aux écoliers français qui avaient appris à l'école l'Outil de Clovis Hugues : " Le père; un forgeron musclé comme un athlète/a deux outils de fer l'enclume et le marteau " ;ou mieux encore : la Légende du forgeron de Jean Aicard : " Un forgeron forgeait une poutre de fer (. ..)/ Il chantait le travail qui rend dure la main / Mais qui donne un seul cœur à tout le genre humain ".

 

Que de fois l'image de la " forge " avait été utilisée pour illustrer l'avenir en préparation, le rougeoiement du foyer s'identifiant au soleil levant ! Quant à la faucille, bien que cet outil ait été présenté, et parfois en plusieurs exemplaires, dans toutes les exploitations paysannes et même bien au-delà, qu'il ait été largement utilisé par les femmes dans une France encore majoritairement rurale, c'est peut-être un symbole usité, sans doute parce qu'en terme de représentation féminine, l'image de Marianne avait ici occupé le terrain. Un dessin de Steinlen, Souvenir de la Commune de Paris, met au premier plan, dans une foule ouvrière symbole du peuple, un ouvrier muni d'une masse, un paysan avec une faux, mais la femme du peuple qui conduit le cortège est ici - nous dirons : naturellement — une Marianne à bonnet phrygien (4). Rien ne s'opposait en tout cas, dans le domaine des représentations symboliques, à l'adoption en France de la faucille et du marteau.

 

Le prestige de la révolution d'Octobre aidant, la symbolique empruntée à la révolution soviétique s'acclimate sans peine dans le terreau culturel français. Il n'est donc pas étonnant que les timbres du nouveau Parti communiste fassent place en France dès 1922 à la faucille et au marteau (remplaçant la République rouge encore présente en 1921). Ce n'est qu'un peu plus tard avec la bolchévisation que le symbole est associé en 1924 au titre de l'Humanité, comme c'est encore le cas de nos jours. Sans doute, avant cette date, la faucille et le marteau trouvent occasionnellement leur place dans le journal : le 11 octobre 1923, par exemple, un dessin de Grandjouan montre une Marianne assise et pensive à côté d'un porte - feuille d'actions, d'un sabre, d'une faucille et d'un marteau, avec cette légende : " La révolution ou la guerre, la faucille et le marteau du travail ou le sabre, il faut choisir ma petite ! " Le 4 octobre 1924, le pas décisif est accompli. L'emblème- très proche alors que celui de la RSFSR — prend place à la droite du titre de l'Humanité. On tâtonne ensuite pour lui trouver une place définitive d'abord entre le L et le H (24 octobre 1924), puis derrière le M (16 mars 1926), et en même temps on le simplifie et or l'épure pour ne mettre en valeur finalement que les deux instruments de travail. Beaucoup plus récemment enfin, c'est sous le titre du journal qu'ont pris place ceux-ci.

Parti populaire, ouvrier et paysan, le PCF a trouvé dans la faucille et le marteau un emblème dont la signification la plus évidente (l'union des travailleurs industriels et agricoles) semblait bien correspondre à son identité réelle, alors que cet emblème était porteur au départ — comme on a tenté de le montrer plus haut -, de contenus plus riches et plus variés qui n'ont peut-être pas été pleinement assimilés.

faucille-marteau01

Ce symbole représente-t-il correctement ce qu'est devenu le Parti communiste et plus généralement la cause qu'il incarne dans une société profondément transformée? (5) L'imagerie symbolique, il faut le rappeler, n'a pas une fonction de représentation directe. La meilleure preuve n'en est-elle pas que la République s'identifie en France à une femme alors que les femmes ont eu le droit de vote très tard et que jamais une femme n'a accédé à la fonction suprême de l'Etat? Mais il n'est pas moins vrai qu'un emblème a une certaine importance, puisque tant à travers sa perception consciente que par ce qu'il évoque dans l'inconscient, celui-ci doit aider à mobiliser les individus en faveur de la réalité qu'il évoque.

La question de l'origine du symbole fait-elle problème après l'échec de l'expérience soviétique? La disparition de l'URSS, la tendance, en Russie, à revenir aux emblèmes de l'Ancien Régime (aigles et autres prédateurs, tout à l'opposé de nos modestes instruments) restitue — semble-t-il - au symbole du PCF, bien naturalisé en France grâce à l'action du parti qui en est le porteur, un signification indépendante.

Reste enfin l'argument plus fort, selon, lequel l'emblème actuel, en privilégiant le travail manuel, en ignorant le travail intellectuel qui a pris une place de plus en plus grande dans tous les secteurs de l'activité économique, donnerait une image trop archaïque d'un parti qui se veut moderne.

Peut-on trouver mieux ? D'autres s'y sont essayé : l'ex-RDA, par exemple, avait repris, parmi ses symboles, le marteau, mais lui avait associé le compas. La diversité des formes du travail aujourd'hui fait qu'il est difficile sans doute de les résumer dans des outils quels qu'ils soient, surtout si l'on pense que ces outils doivent en outre se prêter à une représentation qui parle à la raison comme au cœur.

Ne fermons pas en tout cas la porte à l'imagination, aux efforts de renouvellement créateur. Mais ce que l'on peut espérer en revanche, c'est que, si un nouvel emblème était souhaité par les adhérents du parti, les significations primitives et émancipatrices de la faucille et du marteau soient conservées et mises en lumière, c'est-à-dire le pacifisme, l'union dans l'égalité, de la femme et de l'homme, la coopération des différentes formes du travail pour une société meilleure.

Raymond Huard

(1) Voir l’Union soviétique n°9 (270),1972,p.8

(2) Voir sur ce point l’ouvrage de W.Bereliwitch et L.Gervereau, Russie-URSS 1914,1991, changements de regards , BDIC, 1991, notamment p.12-13 qui donne une histoire beaucoup plus détaillée des emblèmes soviétiques.

(3) Voir à ce sujet les documents rassemblés dans l’ouvrage En écoutant le cœur de la révolution (en russe) éd.Aurore Léningrad, 1977 (plusieurs rééditions)

(4) Le Congrès de Tours, Ed.sociales, 1980, p.8

(5) La question a été posée dans une lettre à l’Humanité Dimanche par Claude Boudret de Robion Vaucluse), lettre publiée dans le numéro 197, 23 au 29 déc.1993.

 

Le texte ci-dessus reproduit à l’identique l’article paru initialement dans l’hebdomadaire du PCF : " Révolution " n° 727 du 3 février 1994 –pages 26 et 27. Il est publié sur ce site dans le simple but d’informer les internautes sur un sujet rarement (pour ne pas dire jamais) traité sur le web ou ailleurs.

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Publié par pcfmanteslajolie - dans Histoire Congrès PCF
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13 juillet 2017 4 13 /07 /juillet /2017 07:37

Boualem Khalfa; à droite, avec Kateb Yacine et Henri Alleg

Boualem Khalfa; à droite, avec Kateb Yacine et Henri Alleg

Le Parti algérien pour la démocratie et le socialisme (PADS), parti des communistes algériens, a annoncé le décès de Boualem Khalfa.

Nous exprimons à nos camarades algériens nos profondes condoléances.

 

Nous reproduisons la nécrologie publiée par le PADS (lien). B

oualem Khalfa fut un militant et dirigeant communiste hautement conséquent, fidèle aux intérêts de la classe ouvrière algérienne et à son organisation, dans les difficultés souvent extrêmes qu'elles ont rencontrées depuis son engagement politique en 1946.

 

Décès du dirigeant communiste Boualem Khalfa - Publié le 7 Juillet 2017 par Lien-pads

 

Il nous a quittés ce matin à Paris [7 juillet 2017].

Il est mort à l'âge de 94 ans après une hospitalisation de 12 jours.

Il était malade depuis plusieurs années.

Sa femme Colette l'a admirablement soutenu durant toutes ces années. 

 

Notre camarade a combattu jusqu'à son dernier souffle pour l'émancipation des classes exploitées et opprimées.

Il est resté fidèle à ses convictions communistes et profondément convaincu que l'avenir appartient au communisme qui délivrera à jamais les travailleurs de l'exploitation capitaliste, de la misère, des privations et des guerres.

 

 Après avoir commencé très jeune à fréquenter les mouvements nationalistes, Boualem a adhéré au parti communiste algérien en 1946.

 

Sa rencontre avec Bachir Hadj Ali en 1944 fut décisive.

Ses aspirations profondes à une société bannissant l'oppression et les inégalités trouvèrent une réponse forte dans sa prise de connaissance du marxisme auquel Bachir venait de l'initier.

A partir de ce moment là, Boualem comprit qu'il était impossible de dissocier la lutte contre l'oppression colonialiste de la lutte pour l'abolition du capitalisme, pour une société socialiste fondée sur la propriété sociale des moyens de production et dirigée par la classe ouvrière et ses alliés.

 

L'autocritique effectuée en 1946 par le PCA sur les erreurs d'appréciation des manifestations du 8 mai 1945, manifestations sauvagement réprimées par les colonialistes, dissipa ses dernières réticences. 

 

Depuis ce moment, la vie de Boualem fut intimement liée à celle de son nouveau parti, à la défense de ses idéaux et de ses objectifs.

Il participa à l'animation des comités constitués par le PCA pour exiger la libération et l'amnistie des Algériens arrêtés lors des manifestations du 8 mai.

 

Après quelques mois d'exercice de la fonction d'instituteur dans une région rurale où il prend la mesure de la misère profonde des paysans algériens dépossédés de leur terre par les colonialistes, il rejoint la rédaction d'Alger républicain en 1944.

Au sein d'une rédaction composée principalement d'éléments européens, les Algériens lettrés étant très rares du fait de la colonisation, il se fait vite remarquer.

 

Il est très apprécié par son style d'écriture net et précis allié à un contenu de classe concret et sans concession.

Le journal est en train de rassembler un large éventail de forces qui combattent le colonialisme et dénoncent l'arbitraire et la répression coloniales.

Il est la tribune des travailleurs dans leurs luttes contre l'exploitation. 

 

Boualem Khalfa est nommé rédacteur en chef.

Les difficultés financières du journal poussèrent les éléments socialistes européens à laisser place au sein du conseil d'administration d'Alger républicain à des communistes "arabo-berbères" et européens.

 

Boualem Khalfa subit la colère des autorités coloniales qui usent contre Alger républicain de tous les artifices judiciaires pour le faire taire.

En 1953 il est condamné à deux ans et demi de prison.

 

L'algérianisation de l'encadrement du PCA s'intensifiant, Boualem Khalfa est élu membre de son bureau politique quelques mois avant le déclenchement de l'insurrection armée du 1 er novembre 1954.

Il est nommé rédacteur en chef de Liberté, l'organe central du PCA.

 

Il est condamné à deux ans de prison pour son éditorial du 4 novembre dans lequel il se prononce sur les actions armées du 1er novembre en exprimant, bien qu'à mots couverts pour échapper à la censure, le soutien du PCA aux "aspirations légitimes du peuple algérien", c'est-à-dire à sa libération nationale.

 

Après la dissolution du PCA en septembre 1955 et l'interdiction de toutes ses activités, il est désigné par la direction clandestine du parti comme coordinateur des premiers noyaux armés des Combattants de la Libération dans l'Oranie.

 

Il est arrêté en 1956 et torturé.

Il est menacé d'exécution sommaire.

Il est condamné par le Tribunal militaire d'Oran à vingt ans de travaux forcés.

Il est transféré en France où il passe d'une prison à l'autre, de la prison des Baumettes à Marseille, à celle de la Santé à Paris, puis à Caen et à Rennes.

Avec l'aide du PCF, il s'évade de la prison de Caen où il avait été ramené en 1961.

 

Il est chargé de diriger la Fédération de France du parti.

 

 

A l'indépendance il retourne en Algérie où il va co-diriger Alger républicain avec Henri Alleg, lui-même rescapé de la torture que lui infligèrent les paras de Massu après son arrestation en juin 1957, évadé d'une prison française et réfugié en Tchécoslovaquie.

 

Malgré les menaces de mort à peine voilées des envoyés du GPRA et du FLN, une nouvelle pléiade de communistes sous l'impulsion de Boualem Khalfa, d'Henri Alleg et de Abdelhamid Benzine, relance Alger républicain.

En pleine crise du FLN déchiré entre différentes tendances, au milieu des coups de feu qui ciblent la chambre d'hôtel où se tiennent les réunions de rédaction et s'écrivent les articles, Alger républicain exprime les positions du PCA et se fait l'écho des aspirations profondes de la population à la paix après 7 ans et demi d'une dure guerre de libération et d'une féroce répression qui a fait près de un million de morts.

Le mot d'ordre de "Sebaa Snine Barakat" (7 années ça suffit!) surgi des profondeurs des masses est popularisé à la Une du journal.

 

 

Le régime issu des compromis de l'été 1962 doit répondre aux attentes sociales des classes populaires et amorcer la construction d'une nation indépendante.

 

Mais en novembre  de la même année, il prononce l'interdiction du PCA.

Il n'ose cependant pas encore s'attaquer à Alger républicain.

Les différentes tendances du pouvoir craignent la réaction populaire et espèrent en même temps utiliser son immense prestige dans les luttes qui les opposent les unes aux autres.

La direction du journal tient bon et défend son indépendance par rapport au pouvoir.

Elle le soutient dans tout ce qu'il entreprend de positif pour satisfaire les revendications des travailleurs et accomplir des pas vers l'application réelle du choix officiel du socialisme. 

Elle le critique dans toutes ses orientations négatives tout en tenant compte de l'hégémonie des dirigeants.

L'aile droite du régime s'acharne dans les coulisses à réduire le journal au silence.

Son aile gauche, autoritaire et idéologiquement instable manie le chantage à l'interdiction pour que le journal atténue ses critiques.

 

Le PCA avait engagé un processus d'auto-dissolution après l'adoption de la Charte d'Alger par le congrès du FLN en avril 1964.

Le lexique marxiste utilisé dans ce texte avait fait naître de grosses illusions au sein d'un large éventail de forces acquises au socialisme et aspirant à leur unification dans une organisation d'avant-garde qui se serait démarquée des confusions régnant au sein du FLN.

Boualem Khalfa avait senti que cette aspiration était irréalisable avec les responsables du FLN, étant donné la composante petite-bourgeoise droitière dominante et instable de ce parti-Etat.

Il est parmi les premiers à se féliciter de l'arrêt du processus d'auto-dissolution du PCA et à la reprise des activités clandestines de toutes ses organisations, bien avant le coup d'Etat du 19 juin 1965.

 

Ce coup d'Etat aboutit à la fermeture du journal, dernier espace où les travailleurs et les patriotes partisans du socialisme arrivaient à se faire entendre.

Le journal avait refusé de publier la proclamation du nouveau Conseil de la Révolution, estimant que les divergences auraient dû être exposées et discutées publiquement et tranchées dans les instances légales du pays. 

 

Les dirigeants du journal et la plupart de ses rédacteurs et employés sont persécutés ou contraints à la clandestinité pour échapper aux arrestations.

 

 

Boualem Khalfa est de nouveau obligé de poursuivre son combat de militant et de dirigeant communiste dans la clandestinité.

Sa femme Colette doit élever seule les enfants.

La police tente d'atteindre Boualem en organisant le rapt de leur fille mais est obligée de la libérer piteusement devant le scandale politique que son action ignoble a soulevé.

 

D'une grande rigueur et d'une grande intransigeance idéologique et politique, Boualem est un organisateur hors pair.

Il réussit à échapper à tous les pièges tendus par la police pour le neutraliser. Bachir Hadj Ali ayant été arrêté dès le mois de septembre 1965 c'est sur les épaules de Hadjerès, de Benzine et de lui-même que la lutte des militants communistes va se poursuivre. 

 

Après l'échec de la tentative de fusion de la "gauche" du FLN et du PCA dans le cadre de l'Organisation de la Résistance Populaire, le PCA se reconstitue sous le nom du Parti de l'Avant-garde Socialiste le 26 janvier 1966.

 

 

Les luttes ouvrières et populaires, les faiblesses encore relatives de l'aile bourgeoise du pouvoir, les orientations de gauche de plus en plus incarnées par Boumediene au sein du régime suscitent des contradiction et des décantations dans les appareils d'Etat.

Elles laissent espérer que son aile gauche pouvait l'emporter.

A condition cependant qu'elle s'appuie résolument sur les travailleurs et remplace les méthodes autoritaires par des méthodes basées sur la libre discussion et l'organisation démocratique des masses populaires autour des tâches d'édification nationale dans une perspective résolument socialiste : limitation de la propriété foncière, démocratisation de l'enseignement, industrialisation, récupération des richesses nationales, des hydrocarbures notamment, constitution d'un secteur public au service des travailleurs et de l'indépendance économique, gestion démocratique de ce secteur, planification démocratique et impérative, renforcement des capacités de la défense nationale, rapprochement avec les pays socialistes, soutien au mouvement de libération nationale dans le monde, etc.

Toutes ses questions se trouvent posées par l'ampleur de la mobilisation populaire et des premiers grands craquements qui se font entendre au sein du régime.

 

Au sein du pouvoir de l'époque, Boumediene et le courant qui se tient derrière lui sont ceux qui ressentent le plus le besoin de s'appuyer sur de larges forces pour surmonter les oppositions internes du régime à leurs orientations socialisantes.

 

Boumediene entreprit en 1974 de faire cesser les poursuites engagées contre les militants clandestins recherchés du PAGS pour contribuer à la réalisation d'un front interne.

 

La direction du PAGS saisit cette intention et fit sortir de la clandestinité un certain nombre de ses cadres recherchés par la police.

Boualem en fait partie en compagnie de Abdelhamid Benzine, et de quelques autres cadres. 

Ils sont chargés de mener un important travail légal de concertation en direction des courants anti-impérialistes qui avaient opté pour le socialisme, d'épauler sous des formes adaptées la poursuite du travail illégal, et d'animer les relations à l'international.

 

Le PAGS s'était montré ouvert aux préoccupations des forces acquises à la construction d'un grand parti d'avant-garde unifié.

En même temps il avait signifié sa méfiance à l'égard de l'aile anticommuniste du régime en maintenant dans la clandestinité la plus grand partie de son encadrement, en refusant de faire sortir tous ses dirigeants dans la légalité.

 

Les camarades sortis à la légalité savaient en réalité qu'ils étaient en "liberté surveillée".

 

En France, par dizaines des jeunes de l'immigration algérienne adhéraient au PAGS.

Boualem est désigné pour diriger le travail du parti en France à un moment où le PCF exerçait des pressions sur lui pour l'obliger à se dissoudre dans le FLN.

Le PCF avait depuis 1976 interdit au PAGS de participer à la Fête de l'Humanité.

En dépit des protestations de Boualem et du travail de clarification effectué en direction des militants du PCF c'est le FLN qui occupera jusqu'en 1989 l'espace dont le PAGS a été exclu.

 

 

Après le congrès du PAGS de décembre 1990, Boualem Khalfa se rend vite compte que la nouvelle direction s'éloignait du marxisme-léninisme alors qu'elle lui avait juré fidélité tout en cachant ses véritables objectifs.

La dangereuse montée des forces de la réaction camouflées sous l'étendard de l'Islam, leur programme de liquidation physique des communistes et des progressistes sont exploités par cette nouvelle direction pour justifier l'auto-liquidation du PAGS et la substitution à ce glorieux parti d'un  front démocratique républicain sur la base du reniement complet du marxisme.

Dans le contexte international de contre-révolution, des illusions semées par Gorbatchev autour de sa théorie réactionnaire de la "nouvelle mentalité", la nouvelle direction usa de tous les moyens déloyaux pour discréditer ceux qui défendaient les orientations fondatrices du mouvement communiste.

Elle alla même jusqu'à prétendre au nom d'une prétendue contradiction principale entre "capitalisme moderne" et "capitalisme archaïque" que la dissolution du PAGS allait avoir pour résultat d'isoler les forces de l'ultra-réaction et de faciliter la constitution du front interne indispensable à leur élimination.

 

 

Boualem fut l'un de ceux qui se dressèrent comme un roc contre cette tendance.

Ils combattirent cette argumentation trompeuse et défendirent le principe de mener de front la lutte contre l'ultra-réaction et la lutte pour les aspirations de classe des travailleurs et des masses populaires.

 

 

Après la liquidation du PAGS en janvier 1993, Boualem signa l'appel du 26 janvier à reconstituer le parti communiste.

 

 

Il fit partie du groupe qui le reconstitua sous le nom de Parti Algérien pour la Démocratie et le socialisme dans les mois qui suivirent l'adoption de la déclaration du 1er mars de la même année.

 

 

 

Toute la vie de Boualem Khalfa fut tendue par la lutte pour le renversement de l'ordre des exploiteurs, pour la prise du pouvoir par la classe ouvrière et de ses alliés afin d'instaurer la société socialiste, première phase historique vers le communisme.

Il était convaincu que l'instrument de ces transformations titanesques est le parti dont il faut préserver, comme la prunelle de ses yeux, l'indépendance organique et idéologique, ses liens indissolubles avec le marxisme-léninisme, qu'il faut enraciner au plus profond des couches sociales qui souffrent de l'exploitation et de l'oppression, de la misère, des inégalités et des guerres.

Son immense expérience dans la lutte contre les idéologies féodales, bourgeoises et petites-bourgeoises, sa vigilance envers les courants versatiles de la petite-bourgeoisie, une vigilance aiguisée par les leçons tirées de la lutte au contact avec divers milieux politiques aux diverses étapes de l'évolution de la société en Algérie et dans le monde, ont contribué énormément au rassemblement des premiers noyaux communistes sur des bases rigoureuses.

 

Son nom suscite la confiance au sein des milieux révolutionnaires. Il déclenche aussi la haine de la bourgeoisie et de ceux qui ont renié le communisme.

 

 

Les communistes algériens jurent leur fidélité aux idéaux défendus par Boualem.

Ils s'inspireront de sa capacité à tenir compte des exigences de la réalité concrète des luttes et de la fermeté inébranlable dans la défense des aspirations sociales et politiques de la classe ouvrière gardant constamment le cap sur la nécessité historique d'abattre le régime capitaliste.

 

 

Boualem est mort après s'être battu jusqu'à son dernier souffle.

D'autres Boualem surgissent et surgiront pour poursuivre son combat et semer l'épouvante au sein des classes exploiteuses.

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8 juillet 2017 6 08 /07 /juillet /2017 07:13

Canada 150: qu'y a-t-il à célébrer? - Déclaration de la Ligue de la Jeunesse Communiste du Canada

1er juillet 2017

La YCL-LJC considère les mobilisations autour du 150e anniversaire du Canada, qui ont couté au moins 500 millions de dollars, comme des provocations de la part de la classe dirigeante aux peuples autochtones, victimes de l'impérialisme canadien, aux progressistes, à la jeunesse et à la classe ouvrière de ce pays. 

Nous joignons notre voix aux nombreux groupes qui dénoncent fermement la propagande et les tentatives de réécriture de l'histoire canadienne, comme si cette histoire devait être célébrée.

Le Gouvernement du Canada tente de faire de cette journée du 1er juillet une fête à célébrer dans l'unité et dans la fierté.

Néanmoins, plusieurs ne célébreront pas la date de la signature de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique (AANB) qui a uni les dernières colonies britanniques d'Amérique du Nord au sein d'un dominion qui concrétise l'oppression nationale dans sa Constitution.

 

Pour la jeunesse des Premières Nations, Inuit et Métis, l'oppression nationale a été et continue d'être une réalité violente et actuelle qui fait partie des crimes de l'impérialisme canadien.

Le génocide et le racisme anti-autochtone systémique font encore partie de la vie quotidienne des jeunes autochtones.

Ceci est attesté par les innombrables exemples de forces policières qui commettent des abus sexuels et physiques auprès des jeunes femmes autochtones dans l'impunité la plus totale.

Cette situation est également attestée par le peu de progrès dans le dossier de l'Enquête sur les femmes autochtones disparues et assassinées malgré la la demande publique pour cette enquête et la justice.

Le lègue des pensionnats de réforme, qui avaient pour but de "tuer l'Indien dans l'enfant", demeure frais dans la mémoire de la jeunesse qui souffre toujours, en conséquence, l'assimilation forcée et à qui il est impossible d'étudier dans sa langue nationale.

La Loi sur les Indiens, qui prévaut toujours et qui a inspiré le régime d'Apartheid sud-africain, fait des peuples autochtones des citoyens de seconde catégorie.

Demander aux nations autochtones de célébrer ce 1er juillet représente une rature de cette histoire coloniale violente, qui renforce le traumatisme intergénérationnel dans une ère de soi-disant réconciliation.

Le Canada a été construit sur le vol des terres autochtones et ses 150 ans d'histoire ont dévasté les communautés autochtones.

 

Pour la jeunesse du Québec, les 150 ans écoulés depuis la signature de l'AANB sont marquées par l'inégalité et la discrimination.

Ceci est reflété par le fait que, jusqu'à la Révolution tranquille, les travailleurs-euses québécois percevaient des salaires considérablement moindres que ceux de leurs collègues anglophones.

Les opportunités pour la jeunesse québécoise étaient limitées.

Plusieurs gains ont été obtenus grâce à la mobilisation de la jeunesse progressiste québécoise notamment, mais la question nationale est toujours en suspens et l'oppression nationale prévaut toujours.

La signature de la Constitution canadienne sans l'inclusion du Québec en 1982 et l'adoption de l'Acte sur la Clarté référendaire dans la foulée du référendum de 1995, qui rend la séparation et l'auto-détermination du Québec pratiquement impossible, en est un autre exemple.

 

Pour la jeunesse acadienne et pour les jeunes issus des autres minorités nationales francophones, leur expérience des 150 dernières années sont des expériences de luttes pour vivre et étudier dans leur langue, puis pour maintenir des services publics en français à l'extérieur du Québec.

 

La célébration du 150e du Canada est également marquée par l'idée de la grandeur canadienne en tant que pays contribuant à la paix dans le monde.

Le Canada n'a jamais été un pays qui promeut la paix dans le monde, mais le Gouvernement continue de perpétrer ce mythe tout en bénéficiant politiquement et économiquement, en toute discrétion, de la guerre, de l'occupation et de l'extraction de ressources naturelles à travers le monde.

Ceci est évident par la feuille de route belliciste en Syrie et en Irak, par le soutien de régimes brutaux comme ceux d'Israël et d'Arabie Saoudite (à travers la vente d'armement s'élevant à des millions de dollars), et par son rôle dirigeant dans l'OTAN.

Le gouvernement du Canada continue d'augmenter ses crédits de guerre.

Récemment, il a annoncé une augmentation du budget militaire de 70%, augmentation qui lui permettrait d'implanter encore plus violemment ses plans impérialistes en Amérique Latine, en Afrique et au Moyen-Orient en particulier. 

Les monopoles canadiens quant à eux poursuivent leur plan d'extraction des ressources naturelles malgré la résistance des communautés locales.

 

Jeunes communistes, nous nous rappelons la résistance contre les politiques capitalistes, génocidaires et colonialistes du gouvernement canadien à travers ces 150 dernières années, où d'importantes batailles ont été menées par la jeunesse, la classe ouvrière et ses alliés.

Celles-ci incluent les soulèvements de la nation métis de 1873 et 1885, la Grève générale de Winnipeg en 1919, la Marche vers Ottawa pour l'Assurance chômage en 1935, la mobilisation pour la sécurité sociale ou, plus récemment, la grève étudiante de 2012 au Québec et le mouvement 'Idle No More'.

Ces mobilisations représentent des exemples important qui font preuve que les forces vivent existent aujourd'hui au Canada pour aller de l'avant et exiger un changement fondamental.

 

Ce changement fondamental, néanmoins, n'arrivera que si nous travaillons dans l'unité contre notre ennemi principal: la classe capitaliste canadienne et l'impérialisme.

Nous devons maintenir cette unité entre les mouvements sociaux et syndicaux le mouvement féministe, étudiant; mais aussi entre ces mouvements au sein des différentes nations qui constituent le Canada.

Travailler dans l'unité inclut le combat pour changer la constitution canadienne et exiger un nouveau partenariat libre, volontaire et consenti, de ces différentes nations.

Cette Constitution devrait reconnaître le droit de chaque nation à l'auto-détermination, y compris et jusqu'au droit de se séparer.

 

Nous saluons l'appui sans cesse plus important à la lutte contre le lègue colonial du Canada et son histoire d'oppression nationale tel qu'attesté par l'appel du mouvement 'Idle No More' "Unsettle Canada 150" soutenu par plusieurs organisations progressistes incluant la nôtre.

Cet appel est l'occasion de se rappeler qu'il n'y a rien à célébrer 150 ans après la signature d'une Constitution qui a permis et même encouragé la marche des grandes compagnies vers l'accaparation des ressources naturelles aux dépens des peuples autochtones dont les territoires ancestraux ont été dévastés, qui a permis au Canada de poursuivre ses politiques génocidaires à l'égard des nations autochtones et qui a permis l'occupation des rues de Montréal par l'armée canadienne en octobre 1970.

Plutôt qu'un jour de célébration, le 1er juillet au Canada devrait être un jour de résistance contre les tentatives de réécrire l'histoire du Canada d'une façon qui blanchirait les crimes du capitalisme, de l'impérialisme, du racisme et du colonialisme canadien.

 

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4 juillet 2017 2 04 /07 /juillet /2017 07:52

Compte-rendu de la conférence-débat organisée par le PCF Paris 15 

Le nouveau gouvernement n’a pas caché sa volonté, en matière d’enseignement, de continuer voire d’accentuer les attaques menées contre le service public d’éducation.

Le programme du nouveau ministre Blanquer c’est la destruction du baccalauréat national, c’est le renforcement du rôle des chefs d’établissement devenus de véritables petits patrons, c’est la propagande patronale à l’école, c’est la continuité des manques de moyens pour enseigner et étudier…

Face à tous ces mauvais coups à venir, la riposte doit se préparer dès maintenant !

C’est dans cette perspective, que la section du 15e arrondissement du PCF a organisé samedi 10 juin une conférence-débat sur le thème de « l’enseignement de l’histoire : un enjeu de lutte ».

Trente camarades ont répondu présent pour venir écouter et débattre autour de la présentation faite par Joëlle Fontaine et Gisèle Jamet, toutes deux enseignantes d’histoire dans le secondaire et auteurs du livre Enseignement de l’histoire.

Enjeux, controverses autour de la question du fascisme.

Les interventions ont été suivies d’un débat riche sur les évolutions de l’enseignement de l’histoire en France.

Ci-dessous, nous vous proposons un compte-rendu de cette rencontre.

 

 

Une histoire dogmatique au service de la défense du système capitaliste

 

Les interventions de Joëlle et Gisèle ont montré comment depuis les années 1970 les différentes réformes de l’éducation nationale, et en particulier les réformes des programmes d’histoire, ont contribué à grandement affaiblir les savoirs transmis et à gommer tout aspect critique de la discipline afin de présenter aux élèves le système capitaliste comme inéluctable.

Au fil des réformes l’objectif semble être de plus en plus clair.

L’histoire n’a plus vocation à donner aux jeunes les clés de compréhension du monde passé et actuel pour qu’ils puissent se forger un esprit critique face aux discours politiques ou médiatiques.

Au contraire, l’enseignement de l’histoire cherche à présenter l’ordre capitaliste comme un modèle économique, social et politique seul porteur de progrès.

Pour aboutir à cela, plusieurs réformes de fond ont été mises en place.

 

     La fin de l’approche chronologique

 

Sous couvert de suivre les évolutions historiographiques universitaires (évolutions d’ailleurs discutables et largement discutées à l’université) les programmes du secondaire ont abandonné la présentation chronologique pour la remplacer par une présentation thématique.

C’est ainsi qu’en classe de première générale les élèves étudieront la seconde guerre mondiale avant d’avoir parlé du nazisme ou des empires coloniaux…

Pour les concepteurs de ces programmes, les élèves sont censés acquérir les bases chronologiques au primaire, ce qui n’est bien que rarement le cas.

Cette approche thématique aboutie alors à un brouillage très important chez les élèves qui ont du mal à replacer tous les évènements étudiés dans une suite logique.

En classe de terminale, seule une minorité d’élèves maîtrise les grands repères historiques de l’histoire française et internationale.

Il s’agit des élèves qui ont acquis l’autonomie suffisante pour replacer par eux-mêmes les évènements étudiés dans une évolution chronologique ou qui peuvent être aidés à la maison.

Le constat est donc clair, la fin de l’approche chronologique (tant vantée par le ministère) abouti à un affaiblissement des connaissances chez les élèves et à une accentuation des inégalités sociales à l’école.

 

Avec la fin de l’approche chronologique, c’est aussi la fin la fin de la notion de causalité en histoire.

Les programmes prescrivent ainsi aux enseignants d’étudier des phénomènes historiques sans en expliquer les causes, ou tout du moins en n’insistant pas dessus.

C’est ainsi que la première guerre mondiale devient le simple résultat de l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand à Sarajevo…

C’est ainsi également que la seconde guerre mondiale se déclenche sans lien apparent avec la crise de 29, avec les tensions impérialistes ou encore avec le développement du fascisme en Europe !

Cela vient encore un peu plus brouiller les repères des élèves puisque les raisons profondes et toujours multiples des faits historiques étudiés sont éludées.

Les élèves sont ainsi contraints d’étudier des faits qu’ils ne comprennent pas.

 

     Des programmes structurés autours de concepts dogmatiques

 

L’approche chronologique est aujourd’hui entièrement remplacée par des concepts universitaires là encore discutables et très discutés.

L’enseignement du fascisme dans le secondaire est aujourd’hui traversé par deux concepts essentiels ; celui de brutalisation et celui de totalitarisme.

 

La brutalisation est un concept selon lequel la première guerre mondiale crée une « violence de masse » qui traverse l’ensemble de la population et qui va ainsi conduire l’Europe vers le totalitarisme et la seconde guerre mondiale.

Le fascisme et la guerre ne seraient donc désormais que le résultat d’une population habituée et consentante à la violence.

Ce concept permet ainsi de balayer d’un revers de main les raisons réelles de l’existence du fascisme.

Rien ne sera dit aux élèves sur la crise structurelle du capitalisme après 1929, sur les tensions impérialistes ou encore sur la volonté d’une partie de la bourgeoisie de s’appuyer sur les organisations fascistes pour faire taire le mouvement ouvrier. 

Ce concept de brutalisation permet en définitive de faire porter la responsabilité du fascisme sur l’ensemble de la population (une notion bien vague…) en laissant volontairement de côté les questions de classe.

 

Le second concept utilisé à outrance est celui de totalitarisme.

Ce concept historique est forgé dans les universités américaines au début de la guerre froide afin de servir d’outil théorique de lutte contre l’URSS.

Le principe est simple ; le fascisme et le communisme sont deux régimes similaires !

Ce concept caricatural est bien évidemment inopérant pour comprendre le XXe siècle mais cela ne semble pas déranger les concepteurs des programmes qui en font un concept structurant.

En classe de première, on présente ainsi aux élèves l’Italie fasciste, l’Allemagne nazie et l’URSS comme trois régimes semblables, chacun placé sous la direction d’un homme fort : Mussolini, Hitler ou Staline.

Les nombreuses différences sont gommées et tous les points qui ne rentrent pas dans cette grille de lecture sont tout simplement effacés des programmes.

Rien ne sera par exemple dit aux élèves sur le rôle des communistes, en France, en Allemagne, en Italie ou encore en Espagne dans la résistance antifasciste.

En effet, comment expliquer que le communisme et le fascisme sont deux mouvements similaires alors que les communistes ont été au premier rang de la lutte contre le fascisme ?

A cela, les concepteurs des programmes y répondent par une simple réécriture de l’histoire.

 

     Des connaissances remplacées par des compétences

 

Une des grandes transformations récentes de l’enseignement est l’introduction des compétences.

Désormais, l’objectif de l’école n’est plus de transmettre des connaissances et des savoirs aux élèves, mais des compétences, c’est-à-dire des savoir-faire et des savoir-être.

L’origine de ces compétences se trouve au niveau européen où l’idée apparaît dès les années 1990, en particulier sous l’influence du grand patronat.

En France, c’est en 2005 avec la loi Fillon qu’est introduit le Socle commun des connaissances et des compétences qui transcrit, presque mot à mot, les directives européennes.

Désormais, un élève en fin de troisième devra maîtriser huit compétences, comme par exemple « la maîtrise de la langue française », « les compétences sociales et civiques » ou encore « l’autonomie et l’esprit d’initiative » (traduction de la directive européenne qui dit quant à elle les choses plus clairement « l’esprit d’initiative et d’entreprise »).

Les compétences remplacent ainsi les savoirs et permettent de justifier la casse d’un enseignement exigeant en termes de connaissances.

Cela vient aussi modifier le rôle même de l’école qui n’est plus conçu comme un lieu permettant aux jeunes d’apprendre dans un objectif d’émancipation.

L’objectif de l’école est désormais beaucoup plus clair ; transmettre à tous les jeunes des compétences essentielles pour devenir un futur travailleur exploitable et docile !

 

 

Finalement, les attaques menées contre les programmes d’histoire, et plus généralement contre le service public d’éducation, sont très cohérentes.

Les connaissances et les repères chronologiques sont affaiblis et remplacés par des concepts flous et dogmatiques.

Les savoirs sont remplacés par des compétences conçues comme le plus petit dénominateur commun.

On ne donne ainsi plus aux élèves les éléments leur permettant d’être critique mais au contraire on les incite à ne surtout pas questionner le monde qui les entoure.

Toutes les tentatives historiques de contestation de l’ordre capitaliste sont associées au fascisme et le libéralisme est érigé en doctrine unique et seule capable de mener la société vers le progrès.

Les programmes d’histoire actuels sont avant tout dogmatiques et servent à préserver un capitalisme en crise structurelle !

L’école est de plus en plus pensée comme un lieu de formation de futurs travailleurs exploitables et dociles !

Les attaques à venir contre le système éducatif accentueront encore un peu plus ces dérives.

Face à cela, il semble urgent de travailler à la reconstruction d’une organisation de classe capable de porter un projet politique et intellectuel global permettant de remettre en cause l’hégémonie de l’idéologie capitaliste.

Il est également urgent de préparer la riposte pour empêcher les attaques à venir contre le système éducatif et pour construire une école qui réponde aux intérêts de l’ensemble de la jeunesse du pays.

Une école gratuite, une école critique, une école émancipatrice !

Possibilité d'achat de l'ouvrage auprès de la section (mail : pcfparis15@orange.fr
) ou directement sur le site l'éditeur.

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21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 08:51

Charles Tillon, membre du Comité central du PCF depuis 1932 et organisateur de la résistance communiste à travers les FTP, lance un appel à la résistance depuis Gradignan, le 17 juin 1940

 

Cet appel a été lancé depuis le territoire national et invite à la résistance sur le sol français tous ceux qui refusent le « fascisme hitlérien », dans le droit fil de la stratégie du Front populaire pour laquelle le PCF s'était battu.

 

Il se distingue des deux autres appels connus à ce jour.

 

Il se différencie de l'appel de Thorez et Duclos daté du 10 juillet 1940, qui est conforme à la ligne de la IIIème Internationale.

Celui-ci réduisait la guerre en cours à un affrontement inter-impérialiste et ne permettait pas de cerner la spécificité du phénomène fasciste.

 

Il est également différent de celui du général de Gaulle, qui lance son appel depuis Londres et qui demande aux Français présents en Angleterre de se rassembler autour de lui, et aux autres de le rejoindre.

 

Il faut rappeler que cet appel a fait l'objet d'une triple négation.

D'abord, de l'Etat français, qui préfère privilégier l'appel de De Gaulle, du 18 juin 1940.

Du PCF lui-même, car si cet appel était reconnu, il « annulerait » celui de Duclos et Thorez.

Et enfin de tous les anticommunistes qui affirment que les communistes ne sont entrés en résistance qu'en juin 1941, lorsque le pacte germano-soviétique est rompu.

 

Mais derrière ce genre d'accusations, c'est le rapport même des communistes au peuple français de l'époque qui est questionné et de leur engagement contre la montée du fascisme dans les années 30 et pour l'Espagne républicaine.

L'appel de Charles Tillon permet de lever toute ambiguïté.

Il prouve que l'engagement des communistes s'est fait indépendamment des directives de la IIIème Internationale.

Il faut souligner que cet appel a rencontré un certain écho.

Les kiosquiers de Bordeaux l'insèrent clandestinement dans les journaux locaux et parvient même jusqu'aux Chantiers navals de Saint-Nazaire.

 

L'appel de Charles Tillon:
 

Les gouvernements bourgeois ont livré à Hitler et à Mussolini : l’Espagne, l’Autriche, l’Albanie et la Tchécoslovaquie...

Et maintenant, ils livrent la France.
 

Ils ont tout trahi.
 

Après avoir livré les armées du Nord et de l’Est, après avoir livré Paris, ses usines, ses ouvriers, ils jugent pouvoir, avec le concours de Hitler, livrer le pays entier au fascisme.
 

Mais le peuple français ne veut pas de la misère de l’esclavage du fascisme.
 

Pas plus qu’il n’a voulu de la guerre des capitalistes.
 

Il est le nombre : uni, il sera la force.
 

Pour l’arrestation immédiate des traîtres
 

Pour un gouvernement populaire s’appuyant sur les masses, libérant les travailleurs, établissant la légalité du parti communiste, luttant contre le fascisme hitlérien et les 200 familles, s’entendant avec l’URSS pour une paix équitable, luttant pour l’indépendance nationale et prenant des mesures contre les organisations fascistes.
 

Peuple des usines, des champs, des magasins, des bureaux, commerçants, artisans et intellectuels, soldats, marins, aviateurs encore sous les armes, UNISSEZ VOUS DANS L’ACTION!
 

Charles Tillon, Gradignan, 17 juin 1940.


Antoine Porcu présente le texte de cet appel et en explique le sens dans L’Humanité du 4 mars 2006:

 

L’appel de Charles Tillon est un appel à la résistance sur le territoire national, tandis que celui du général de Gaulle s’adresse d’abord aux français présents en Angleterre pour leur demander de se rassembler autour de lui.

Par ailleurs, l’appel de Charles Tillon est explicitement lancé au nom de la lutte contre le fascisme.


Cela le différencie également de l’appel de Thorez et Duclos du 10 juillet 1940, conforme à la ligne de la IIIe Internationale.

Celle-ci réduisait la guerre en cours à un affrontement anti-impérialiste.

Cela ne permettait pas de cerner la spécificité du phénomène fasciste.

À l’inverse, Charles Tillon en appelle au rassemblement du peuple dans l’action contre le « fascisme hitlérien », dans le droit fil de la stratégie du Front Populaire pour laquelle Maurice Thorez s’était lui-même battu.


Depuis la Libération, la propagande anticommuniste affirme que les communistes ne sont entrés en résistance qu’en juin 1941, lorsque l’Union soviétique est attaquée par les nazis.

C’est une parfaite falsification.

D’ailleurs, l’importance de ce texte a été appréciée par la direction clandestine du Parti Communiste, laquelle intègre Charles Tillon, à la demande de Benoît Frachon.

Mais derrière ce genre d ‘accusation, c’est le rapport même des communistes au peuple français de l’époque qui est questionné.

L’appel de Charles Tillon permet de lever toute ambiguïté.

Il prouve que l’engagement des communistes s’est fait indépendamment des directives de la IIIe Internationale.


Car cet appel n’est pas une initiative purement personnelle.

Lorsqu’il le rédige, Charles Tillon est mandaté par le Comité central pour réorganiser le parti communiste dans tout le Sud-Ouest de la France.

Son appel y rencontre un certain écho.

Les kiosquiers de Bordeaux l’insèrent dans les journaux.

Il parvient même jusqu’aux chantiers navals de Saint-Nazaire.

Le Parti communiste français a été traversé par de nombreuses et dramatiques contradictions.

Mais il a toujours été avant tout un collectif de femmes et d’hommes mobilisés pour l’émancipation humaine.

Le combat pour cette reconnaissance est crucial dans un contexte où la droite la plus réactionnaire reprend le flambeau de la virulente campagne anticommuniste d’après-guerre dans le but de briser tout espoir de transformation sociale.

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19 mai 2017 5 19 /05 /mai /2017 06:18
  • Rosny-sur-Seine. front populaire et guerre d’Espagne interdits de séjour.

 

Le maire (LR) a refusé que l’exposition sur le Front populaire et la guerre d’Espagne, réalisée par l’IHS CGT (Institut d’histoire sociale) puisse trouver place dans la commune.

Justification du maire? « Trop austère »..

 

Cliquez ci-dessus pour retrouver le journal en PDF

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9 mai 2017 2 09 /05 /mai /2017 06:09
8 mai 2017. Les communistes de Mantes-la-Jolie commémorent la victoire contre le nazisme

Comme chaque année, les communistes de Mantes-la-Jolie ont déposé une gerbe de fleurs à chacun des lieux de commémoration:

Place Delattre de Tassigny.

 

Cimetière de Gassicourt.

 

Square de La Résistance (avec Colette Bodet, belle-fille de Fernand Bodet. Ce dernier est un des nombreux communistes dont l'une des rues de Mantes-la-Jolie a pris le nom. Voir en cliquant ici "quand Fernand Bodet attaquait l'école Ferdinand Buisson)

 

Square Brieussel-Bourgeois (monument aux victimes de toutes les guerres).

Place Delattre de Tassigny
Place Delattre de Tassigny
Place Delattre de Tassigny
Place Delattre de Tassigny
Place Delattre de Tassigny

Place Delattre de Tassigny

Cimetière de Gassicourt
Cimetière de Gassicourt
Cimetière de Gassicourt
Cimetière de Gassicourt
Cimetière de Gassicourt
Cimetière de Gassicourt

Cimetière de Gassicourt

Square de La Résistance (à côté de la Gare)
Square de La Résistance (à côté de la Gare)

Square de La Résistance (à côté de la Gare)

Square Brieussel-Bourgeois
Square Brieussel-Bourgeois
Square Brieussel-Bourgeois

Square Brieussel-Bourgeois

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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 08:22
Lundi 8 mai. Commémoration de la victoire contre le nazisme.
Comme chaque année, les communistes rendront hommage à Mantes-la-Jolie à toutes celles et tous ceux qui ont contribué à la victoire contre les fascistes en déposant une gerbe de fleurs sur chacun des lieux de commémoration - de la place Delattre de Tassigny (gaulliste) au square de La Résistance sur la plaque commémorative duquel figurent les noms de nombreux communistes locaux (les quatre lieux sont la place Delattre de Tassigny, le cimetière de Gassicourt, le square de La Résistance et le square Brieussel-Bourgeois - voir ci-dessus pour les heures précises).
 
Ils invitent les Mantaises et Mantais à venir assister nombreux aux cérémonies.
Lundi 8 mai. Commémoration de la victoire contre le nazisme.
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5 janvier 2017 4 05 /01 /janvier /2017 07:35

Noël de chômage ! Noël de misère ! Lutte des classes ! - Edito de P. Vaillant-Couturier - Huma du 25/12/1934

25 Décembre 2016 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Histoire - Notre mémoire

Noël de chômage ! Noël de misère ! Lutte des classes ! - Edito de P. Vaillant-Couturier - Huma du 25/12/1934

Nous reproduisons l'éditorial de Paul Vaillant-Couturier de l’Humanité du 25 décembre 1934. Des voix comparent les politiques prônées par Fillon, dans la continuité de l'austérité de Hollande et Valls, à la politique "déflationniste" des politiciens face à la crise économique des années 30. Mêmes remèdes empoisonnés, mêmes conséquences.

Noël de chômage ! Noël de misère ! Lutte des classes !

Noël de chômage ! Noël de misère ! Noël des enfants sans cheminée et des enfants sans souliers…

Le capitalisme et les politiciens à son service viennent, en une année, de donner toute la mesure de leur malfaisance.

Les « sauveurs » du 6 février inscrivent cette année à leur bilan 100.000 chômeurs « reconnus » de plus qu’à la Noël dernière…

Tous les remèdes se sont révélés inefficaces, toutes les expériences ont été des faillites. Le préfascisme a déjà montré ce qu’apporterait le fascisme.

La misère a frappé à de nouvelles portes. Les classes moyennes ont été ravagées. Le petit commerçant a été saisi, le petit fermier a été vendu, le vieillard a vu sa pension diminuée, l’ancien combattant a vu tomber un pas de la « dette sacrée » qui lui reste due.

Le fonctionnaire a rejoint l’ouvrier et l’employé frappés dans leurs salaires. On a fait des économies sur les rations des soldats, l’instruction des enfants et les secours aux malades au profit des munitionnaires…

Une politique conséquente de classe, avide de profits a réduit à la sous-consommation devant des greniers pleins et des celliers bondés les masses laborieuses. La famine a ravagé les colonies et les balles de la répression ont répondu aux ventres qui criaient.

Au moment où Citroën jetait 18.000 ouvriers à la rue, Flandin a jugé politique et prudent d’offrir à quelques milliers d’enfants de chômeurs, sous la surveillance d’une nuée d’inspecteurs de police, des « cadeaux de Noël » - trois bouts de sucre, deux chaussettes et un dé à coudre de confiture dans un très grand carton – qui sont une insultante dérision à leur détresse.

La nuit passée et ce soir, cependant, dans les quartiers riches, des sommes énormes ont été et seront dépensées… Certains réveillons représentent une somme qui aurait permis à toute une famille de chômeurs de vivre pendant un mois…

Les chômeurs – 2 millions et demi pour 400.000 inscrits – n’ont pas réveillonné, les chômeurs n’auront pas de repas de Noël. Les chômeurs, las d’user leurs souliers à la recherche d’un travail qui les fuit, sont restés étendus sous ce qui leur reste de couvertures et ont demandé au sommeil de clamer leur faim, leur froid et leur tristesse.

Et leur réveil de Noël leur a apporté le même angoissant problème pour eux et leurs petits : mangers…

L’image de la joie et des bombances de leurs exploiteurs doit être pour eux un nouveau levier vers l’action.

Que les ouvriers, provisoirement encore au travail, s’unissent à eux pour les aider à faire triompher leurs revendications et que les chômeurs épaulent les ouvriers dans la défense de leurs salaires.

A ce Noël de collaboration de classes que ce gouvernement voulait réaliser pour masquer ses responsabilités dans la misère des masses, qu’ils répondent par un Noël de classe, un Noël de colère.

En vérité, l’on ne peut s’empêcher de penser – quand on a fait la guerre et qu’on voit ce Noël de crise – à ce qu’étaient nos Noëls des tranchées quand, de part et d’autre des fils de fer, des peuples entiers de jeunes hommes, enterrés dans la boue, sous les fusées et les marmites, recevaient la charité du colis de Noël avec sa tablette de chocolat pour cinq et son cigare pour deux, tandis qu’à l’arrière les bénéficiaires du massacre s’empiffraient joyeusement à coup de louis gagnés sur les morts…

Noël de guerre… Noël de crise…

Encore et toujours l’impitoyable lutte des classes !

P. VAILLANT-COUTURIER.

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Publié par pcfmanteslajolie - dans Histoire
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