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7 septembre 2017 4 07 /09 /septembre /2017 09:32

Robert Hue se retire de la vie politique… son oeuvre est continuée

Brève, EDT pour « vivelepcf.fr », 1er septembre 2017 

La face du monde n’en sera pas changée, pas même celle de la vie politique nationale. Robert Hue vient d’annoncer, à 70 ans, qu’il se retirait de la vie politique.

Depuis une quinzaine d’années et son départ de la direction du PCF, l’activité politique de Robert Hue s’est bornée à un papillonnage aux confins de la social-démocratie. Il a créé successivement plusieurs mouvements anecdotiques. Il en a vendu – pas cher – au PS les sigles inélégants, NEP puis MUP*. Il a monnayé cet appoint secondaire, ainsi que son propre statut d’ancien dirigeant du PCF et peut-être son silence parfois, contre quelques places d’élus.

Hue a fini par s’intégrer au Sénat dans le groupe des radicaux pro-européens et à appeler cette année à voter Macron au 1er tour des présidentielles. Hue considère pourtant que ses idées n’ont pas changé par rapport aux années 90. Sur ce point, nous pouvons être d’accord avec lui !

Hue a incarné, comme secrétaire national du PCF de 1994 à 2003, la ligne de reniement des positions et des formes d’organisation fondamentales de notre parti. A l’époque, il avait appelé ce processus liquidateur la « mutation ». Certains actes et traits personnels, particulièrement choquants, ont marqué comme sa descente des marches du festival de Cannes en costume et chaussures de luxe ou son appel à une aide humanitaire au profit du gouvernement américain après les attentats du 11 septembre 2001. Il reste aussi le symbole de la marginalisation électorale comme candidat aux présidentielles de 2002 : 3,37% contre 8,64% en 1995.

Mais il ne saurait être question de renvoyer Hue à l’Histoire et de le laisser supporter seul le bilan de cette décennie de démolition du Parti, comme l’ont fait et le font certains de ses anciens collaborateurs. Ce serait ne pas voir que cette ligne de reniement a été poursuivie jusqu’à présent, sous des modes à peine différents.

Marie-George Buffet était la courroie de transmission de la « mutation » dans le gouvernement Jospin, celui qui a le plus privatisé. Pierre Laurent était déjà un rouage important de la « mutation », notamment à l’Huma qui a cessé alors d’être le journal du Parti. L’Huma-dimanche a été également momentanément liquidé à cette époque, avec le résultat voulu de dévitaliser la vente militante hebdomadaire.

Le choc des 3,37% a des répliques : le 1,91% de Buffet en 2007, le 0% et le 1,23% des inscrits – échec inédit – de la ligne Pierre Laurent aux présidentielles et législatives de 2017.

Depuis 2002, beaucoup de camarades sont partis, se sont trouvés écartés. D’autres et une partie de la société se sont habitués à la disparition du vrai PCF. Pas nous !

Le départ de Hue est une occasion de mettre en évidence la continuité de la ligne de mutation-transformation-liquidation, à l’ordre du jour du prochain congrès « extraordinaire ».

Hue est encore sénateur pour quelques semaines. Il a été réélu en 2011 sur désignation du PCF-Front de gauche sur la liste d’union de la gauche dans le Val d’Oise, bien qu’il ait déjà à l’époque depuis longtemps renié le Parti.

NEP : « Nouvel espace progressiste ». MUP : « Mouvement unitaire progressiste ».

Voir aussi : 31/01/2011  Le PCF-Front de gauche choisit Robert Hue comme candidat aux sénatoriales sur la liste du PS : significatif !

06/11/2009 : Robert Hue : le ridicule ne tue pas, il fait vivre !

27/08/2009 : Robert Hue: repoussoir ou poisson-pilote?

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Publié par pcfmanteslajolie - dans Congrès PCF Epinglé(e)s
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29 août 2017 2 29 /08 /août /2017 07:46

« Séminaire » du CN du PCF du 25/08/17 : une étape pour préparer un congrès extraordinairement antidémocratique, d’esquive et de poursuite de la stratégie de destruction du Parti.

Emmanuel Dang Tran, 25 août 2017, actualisé 17h  (entre crochets)

Pierre Laurent à l'Université d'été du PS 2014: déjà se "réinventer"!

La direction du PCF invite aujourd’hui, 25 août 2017, avant l’ouverture de « l’université d’été » à Angers, les membres du Conseil national à un « séminaire ». Celui-ci est censé préparer l’organisation du congrès prétendument « extraordinaire » de 2018.

La direction a fourni et diffusé assez largement un projet de « document de consultation des communistes » que discuteront les membres présents à cette réunion, qui n’est pas une session du CN. Je reproduis ce texte ci-dessous, sur lequel je réagis. La version finale sera diffusée par la direction. Aucune modification fondamentale n’est à attendre a priori. [Le texte a suscité un important scepticisme parmi les intervenants et va être profondément retravaillé dans les jours qui viennent, sans que le principe du questionnaire-sondage soit remis en cause. NdA]

Il sera hors de question pour moi de chercher à amender une démarche que je considère être une véritable insulte faite aux communistes.

La méthode de consultation proposée pour préparer l’ordre du jour du congrès est celle du questionnaire « QCM », façon sondage d’opinion, avec un guidage et des « choix multiples » prédéfinis. Un questionnaire anonyme de surcroît ! Chacun sait que le commanditaire d’un sondage public choisit et oriente les questions et les réponses. C’est également le même qui retraitera les réponses ! Quel camarade pourra tomber dans l’illusion d’avoir participé à quelque chose avec une telle caricature de consultation?

Visiblement, Pierre Laurent, et la plupart des directions du PCF veulent pouvoir parler au nom de majorités silencieuses, anonymes, qui n’existent pas, pour échapper ensuite aux vraies questions.

La « consultation » suit les annonces de Pierre Laurent dans son discours-fleuve du CN des 23 et 24 juin. Elle vise clairement à exonérer, au maximum, la direction sortante, malgré son nouvel échec historique, de ce qu’il reste de débat démocratique organisé dans le Parti, tel que les statuts le prévoient quant à la préparation des congrès. C’est le seul point sur lequel le congrès prévu a quelque chose « d’extraordinaire ».

Avec le questionnaire, le seul choix sur lequel les communistes sont invités à trancher, anonymement, c’est la date de tenue du congrès, entre juin ou octobre 2018. Là encore, il ne s’agit que d’avancer de 7 ou de 12 mois le congrès normal, le temps de faire digérer le désaveu de la période électorale 2017. Il s’agit aussi – le texte les mentionne – d’éviter la coïncidence entre le congrès et la préparation des élections européennes de 2019. La critique évidente, à ce moment, ne manquerait pas de monter face aux positions euroconstructives adoptées par la direction du PCF et le PGE ou par Tsipras.

Pour trouver les bonnes réponses, déjà induites par le QCM lui-même, il n’y a qu’à reprendre le discours de juin de Pierre Laurent. Il faut continuer à « réinventer le Parti », pousser plus loin les transformations du Parti etc. continuer sur la même voie.

Maintenant que le « Front de gauche » est enterré, on peut ouvrir une discussion sur ce sujet (en 2008, il a été imposé en marge du 34ème congrès et sans consultation). Mais, pour la direction, une – petite – place dans la recomposition de la gauche social-démocrate, traditionnelle ou populiste, reste l’objectif. Les regroupements pour les élections et la présence à tout prix dans les institutions restent, plus que jamais, la priorité.

Deux débats de diversion, déjà repérables dans le discours de P. Laurent, sont confirmés dans l’orientation du questionnaire. Une discussion largement à vide s’annonce sur les « classes populaires » (expression antimarxiste, les classes se définissant par une position dans la production et la création de plus-value) mais excluant tout retour au Parti de classe. Une discussion sur les identifiants du Parti, que l’on maintiendra officiellement, – le changement de nom n’est plus évoqué – vise à tranquilliser les adhérents, comme la reprise gratuite du mot « révolutionnaire », alors qu’on ne cesse de les vider de leur contenu et de les délaisser.

Ce séminaire et ce questionnaire préparent l’orientation de l’assemblée des animateurs de section du 14 octobre [peut-être reportée au 18 novembre] dont les directions vont s’efforcer de verrouiller la participation. Celle-ci n’est pas davantage habilitée à contourner les statuts et la préparation des congrès.

La gravité de la situation du Parti exige un vrai congrès, non un congrès bâclé comme les 36 et 37èmes, et encore moins un congrès via enquête d’opinion !

Les communistes doivent pouvoir disposer et discuter d’un texte national commun posant un rapport d’activité de la direction sortante, un bilan des positionnements suivis depuis plusieurs congrès. Et ce au plus tôt. Ils doivent pouvoir ébattre et se prononcer sur les questions stratégiques de fond et les plus immédiates : réorientation de l’UE ou rupture avec l’UE, combinaisons avec des organisations de « gauche » ou rassemblement à partir des luttes, modulation des aides aux entreprises ou rupture avec la politique au service du capital etc.

Après la méthode Coué infligée lors du dernier CN de juin, cette nouvelle étape marque la volonté de la direction du Parti de passer en force – fût-ce sur le mode dilatoire et soporifique – d’esquiver les débats, de poursuivre jusqu’au bout la ligne de « mutation/transformation/liquidation ».

Pour le Parti et ce qu’il doit porter dans la lutte des classes, malgré la marginalisation et le discrédit, mais au vu de ce que continue à représenter notre Parti, les camarades ne doivent ni se décourager et s’éloigner, ni se résoudre encore à  un faux « moindre mal » et une fausse unité de ce qui reste.

Je fais partie de ceux qui considèrent, encore davantage aujourd’hui, que Pierre Laurent et la direction exécutive ne sont pas à même d’organiser le congrès et qu’ils devraient démissionner (APPEL A SIGNER EN LIEN).

D’accord ou non, tous les communistes doivent se réunir dans l’exigence du respect de statut, avec proposition de résolution d’un CN assumant ses responsabilités, textes alternatifs et vote(s) et avec le temps, l’impulsion et l’impartialité nécessaires à l’échange.

Ce n’est pas l’état d’esprit de l’équipe dirigeante. C’est aux communistes de l’imposer, d’engager eux-mêmes le processus de reconstruction du Parti de classe en donnant la priorité au rassemblement dans les luttes.

 

 

 

—————————————————————-

CI-DESSOUS : ATTENTION DOCUMENT DE TRAVAIL PROVISOIRE NON ADOPTE : IL SERA LARGEMENT MODIFIE. NOUS LE REPRODUISONS, SUIVANT LE SOUCI GENERAL DE TRANSPARENCE, POUR LA MESURE DE L’ETAT D’ESPRIT DE LA DIRECTION DU PARTI

Consultation des communistes sur les thèmes et chantiers du congrès extraordinaire 2018

en vue de la réunion nationale des animateurs de sections

Le Conseil national a décidé de tenir un congrès extraordinaire du PCF en 2018 et non en 2019 comme prévu initialement.

Pourquoi un congrès extraordinaire ?

La situation politique de ces derniers mois, avec notamment l’élection de Trump aux États-Unis, les derniers événements en Amérique latine ou encore les guerres sans fin au Moyen-Orient, est marquée au niveau international par des affrontements extrêmement violents. La concentration des richesses, les affrontements guerriers, les actes terroristes qui frappent sur tous les continents,  la résurgence des organisations d’extrême-droite montrent à quel point l’humanité peut sombrer dans un chaos. En France, l’élection de Macron est également le témoignage de cet affrontement au niveau national. La séquence électorale de 2017 a bouleversé le système politique dans notre pays. La situation n’est pas stabilisée et la crise politique et sociale reste entière. Les premières décisions du pouvoir Macron sont brutales et appellent la construction de ripostes fortes. Des rendez-vous de première importance nécessiteront décisions et dispositifs efficaces, dont celui des européenne de 2019. Notre parti a maintenu un groupe de députés à l’Assemblée nationale, mais avec des résultats législatifs historiquement bas. La question de l’avenir de notre combat et de la forme qu’il doit prendre est posée. Le paysage à gauche a totalement changé, et derrière ce choc politique, se développent des révolutions profondes de notre société et du monde où cohabitent des dangers immenses et une grande recherche de renouveau dans la société française. Notre combat communiste est plus utile que jamais pour répondre au besoin de justice et de paix mais il doit être profondément repensé dans ces conditions nouvelles.

- Pourquoi une consultation des communistes ?

Ce document de consultation est un élément important pour la préparation du congrès extraordinaire en 2018. Il s’agit de travailler à définir les chantiers que nous souhaiterions voir aborder à l’occasion de notre congrès. Les résultats de ce document de consultation seront versés aux débats de l’assemblée des animateurs de section du 14 octobre.

Cette assemblée proposera la liste des chantiers de travail ainsi que l’ordre du jour du congrès, sa date et sa méthode de préparation.

Cette consultation ouverte à l’ensemble des adhérents de notre parti se déroule du 26 août au 7 octobre et sera traitée de façon anonyme.

Il est important que chacun s’empare de ce questionnaire afin de permettre au plus grand nombre d’adhérents de notre parti de s’exprimer sur les questions qu’ils souhaitent voir aborder à l’occasion de notre congrès et de faire vivre notre plus bel atout, notre intelligence collective.

 

 

I. Quels chantiers pour ce congrès?

1.1 Bilan et enseignements de la dernière période

Nous avons besoin de cerner ensemble les difficultés, comme les points d’appui, de la dernière période et les enseignements de la nouvelle situation politique, en identifiant et distinguant les questions conjoncturelles (derniers choix stratégiques) et les questions structurelles (évolution longue, changements de société…) :

➔ Front de gauche : 

  • As-tu participé à des assemblées citoyennes dans ta ville/ton entreprise ? OUI/NON
  • Nous proposons de faire ensemble le bilan de l’expérience du Front de gauche de ces dernières années. Es-tu d’accord avec cette proposition ? OUI / NON
  • Si tu le souhaites, partage ici quelques premiers éléments de ton expérience à ce sujet :

………….

➔ Fronts de luttes :

  • As-tu participé à des initiatives et/ou luttes concrètes associant des citoyen‑ne‑s, des syndicats, des associations, mouvements, élu-e-s ? OUI / NON
  • Te semble-t-il nécessaire de revenir collectivement sur les enseignements de ces expériences ? OUI / NON
  • Si tu le souhaites, partage ici quelques premiers éléments de ton expérience à ce sujet :

………….

➔ Consultation citoyenne :

  • As-tu rempli toi-même la grande consultation ? OUI/NON
  • As-tu fait remplir la grande consultation ? OUI/NON
  • Te semble-t-il nécessaire de revenir collectivement sur les enseignements de cette initiative nationale ? OUI / NON
  • Si tu le souhaites, partage ici quelques premiers éléments de ton expérience à ce sujet :

………….

➔ Séquences électorales 2017 :

  • As-tu pris part à la campagne :

◦   présidentielle

◦   législatives

◦   aucune des 2

  • Nous proposons de travailler ensemble à un bilan de ces campagnes. Es-tu d’accord ? OUI / NON
  • Si tu le souhaites, partage ici quelques premiers éléments de ton expérience à ce sujet :

………….

En s’appuyant sur les axes ci-dessus, élargis à ceux qui remonteront de nos travaux des mois prochains, pour mieux alimenter et enrichir le débat sur les transformations du PCF, nous proposons qu’un bilan des dernières années constitue un premier point de notre congrès.

Es-tu d’accord avec cette proposition ? OUI / NON 

Selon toi, un autre sujet doit-il figurer au bilan ? Si oui, lequel ?

 

            1.2 Quels chantiers de transformation  pour le PCF?

Le Parti communiste français est appelé à se réinventer pour contribuer, dans les mois et années à venir, à l’amorce d’un processus de transformation sociale au service des intérêts populaires de notre pays. Son rôle, son avenir sont à interroger. Quels sujets te semble-t-il important d’aborder lors du congrès dans ce but :

 

➔ La question de notre stratégie de transformation concrète

Penses-tu que cette question doit être abordée ? OUI / NON

➔ Si oui, choisis parmi 3 questions ci-dessous, numérote-les de 1 à 3 par ordre d’importance pour toi :

■ Notre projet est-il à la hauteur de la société du 21e siècle ?  Quels sont les nouveaux enjeux à prendre en compte ?

■ Comment faire vivre et progresser notre projet ? A partir de quelles aspirations de la société ?  Dans quelles luttes ?

■ Comment devenir un parti de la conquête citoyenne ? Comment permettre la participation citoyenne ?

■ Quel rassemblement voulons-nous, avec qui, comment ? Avec quels objectifs ? Quels outils ?

■ Conquérir des lieux de pouvoirs et les exercer ? Pour quoi faire ? Avec qui ?

■ Quelle gauche voulons-nous reconstruire ? comment y faire entendre notre singularité ?

■ Autres :

 

 De qui sommes-nous ou voulons-nous être le parti ?

Penses-tu que cette question doit être travaillée et mise en débat ? OUI / NON

➔ Si oui, choisis parmi 3 questions ci-dessous, numérote-les de 1 à 3 par ordre d’importance pour toi :.

■ Comment redevenir le parti des classes populaires ? Qu’est ce que cela signifie ?Quelles priorités se donner?

 

■ Comment rendre constructives les colères populaires et citoyennes qui s’expriment ?

■ Quelles sont les formes d’engagement les plus adaptées pour y arriver ?

■ De quels modes d’organisation avons-nous besoin pour permettre à chacun de trouver sa place dans notre parti?

■ Autres :

 

  De quel parti avons-nous besoin ?

Penses-tu que cette question doit être travaillée et mise en débat ? OUI / NON

Si oui, choisis parmi 3 questions ci-dessous, numérote-les de 1 à 3 par ordre d’importance pour toi :

■ Quelle nouvelle forme d’organisation démocratique révolutionnaire adaptée aux nouvelles configurations territoriales et institutionnelles?

■ Quels nouveaux usages collaboratifs et démocratiques à imaginer, à développer ?

■ Comment concilier cohérence nationale et réalités locales dans nos luttes, nos campagnes ?  Comment, à partir de nos bonnes pratiques locales et du travail de nos élu-e-s, construire les outils de notre stratégie nationale de transformation sociale ?

■ Comment mener la bataille idéologique face au rouleau compresseur libéral ?  Comment mieux animer nos campagnes à hauteur de cette ambition ?

■ Quel rôle et quelle place des directions dans notre parti?

■ Quels moyens humains et financiers pour mettre en œuvre ces politiques ?

■ Autres :

 

  Les identifiants du PCF, la communication, la visibilité,

Penses-tu que cette question doit être abordée ? OUI / NON

➔ Si oui, choisis parmi 3 questions ci-dessous, numérote-les de 1 à 3 par ordre d’importance pour toi :

■ Comment définir le communisme d’aujourd’hui ? Comment le PCF l’incarne-t-il , au quotidien de nos luttes et dans nos combats à long terme ?

■ Refonder des repères et des symboles forts, lesquels et comment ?

■ Reconstruire notre communication à partir d’une redéfinition, claire et accessible pour tous, à partir d’ identifiants forts de notre parti ?

■ Comment organiser l’apport et la pratique du numérique dans la transmission, la diffusion et l’animation de nos idées ?

■  Comment retravailler notre relation aux médias, et aux nouveaux médias ?

■ Autres :

 

➔ As tu d’autres propositions de chantiers à traiter ? (3 maximum)

………

 

➔ Pour travailler concrètement à ces chantiers, as-tu des initiatives nouvelles à proposer,   des expériences à faire partager ?

   ……..

 

II. Quelle méthode pour le congrès ?

Pour enrichir les échanges et travaux des animateurs de section, et les aider à se déterminer, peux-tu exprimer tes choix prioritaires de date, processus et méthodes du congrès extraordinaire :

➔ Date du Congrès extraordinaire (coche ton choix)

■ JUIN 2018

■ OCTOBRE 2018

➔ Processus d’élaboration

• Plutôt que de discuter d’emblée un texte global dans nos sections et nos fédérations, nous proposons d’ouvrir des chantiers de travail et de transformation que déciderait l’Assemblée nationale du 14 octobre.

Ces chantiers, animés nationalement, seraient ouverts à tous les communistes. Ils soumettraient des conclusions et des décisions au printemps ou avant l’été selon la date du Congrès. C’est sur ces propositions que les communistes débattraient et voteraient au Congrès.

■ Es-tu d’accord ?  OUI / NON

■ As-tu une autre proposition ?

……

➔ Méthode de travail pour le processus d’élaboration

• Pour créer plus de liens et un travail collaboratif entre les réflexions des groupes de travail, ou des sections/fédérations et contributions personnelles, nous proposons d’utiliser une plate-forme numérique organisée par chantier.

Cependant les camarades souhaitant s’exprimer hors plate-forme pourront bien-sûr le faire par mail, courrier etc.

■ Es-tu d’accord ? OUI / NON :

■ As-tu une autre méthode à proposer ?

….

• Nous proposons qu’une consultation des communistes, affinée par les décisions de l’assemblée nationale des animateurs et animatrices de section, soit poursuivie sur chacun des chantiers avec des méthodes qui devront être décidées à partir du 14 octobre

■ Es-tu d’accord ? OUI / NON :

■ As-tu une autre méthode à proposer ?

➔ Implications de sympathisants, non adhérents, acteurs du mouvement social et citoyen, intellectuels …

• Tout le long de notre processus de travail sur les différents chantiers, nous proposons que nous puissions, sur certains sujets, auditionner, consulter des acteurs de la société.

■ Es-tu d’accord ? OUI / NON :

■ As-tu une autre méthode à proposer ?

 

 

III. Ton engagement / ton expérience/ ton rapport au parti / priorité des campagnes

Nom :

Prénom :

Fédération :

Section :

Date de naissance : JJ/MM/AAAA

Mobile :

Mail :

Date d’adhésion :

Situation professionnelle : CDI/ CCD/ Privé d’emploi/ Etudiant / Lycéen

 

➔ Quels événements et raisons ont motivé ton adhésion ?

 

➔ En plus de ton implication au PCF est-tu militant(e) d’une organisation syndicale ou associative ?

• Si oui laquelle :

• Y exerces-tu des responsabilités ? Oui / Non

 

➔ Verses-tu des cotisations régulièrement au PCF  ? OUI/ NON

 

➔ As-tu des contacts réguliers avec les communistes de ta section : OUI/ NON

• Si non, pourquoi ?

 

➔ Assistes-tu au AG de ta section ?

■ Systématiquement, sauf empêchement

■ Quand l’AG a un enjeu important (vote…)

■ Rarement, cela ne t’intéresse pas

■ Impossible avec ton emploi du temps familial ou professionnel

■ Tu n’aimes pas le mode de fonctionnement en AG

■ Tu ne souhaites pas prendre la parole en public

■ Autres :

 

➔ As-tu déjà participé à une formation du PCF ? OUI / NON

• Si oui laquelle :

 

➔  Milites-tu ? (cocher) :

■ Chaque semaine

■ Régulièrement selon l’actualité

■ En période de campagne électorale

■ Rarement faute de disponibilité

■ Jamais car je ne me sens pas à l’aise sur le terrain

■ Autre :

 

➔ Où milites-tu ? (Cocher)

■ Dans ton entreprise ou  lieu de travail

■ Dans un quartier populaire

■ En zone rurale

■ Dans ta ville, ton quartier

■ Dans un collectif thématique

■ Autre :

 

➔ Exerces-tu ou as-tu exercé une ou des responsabilité-s au sein du PCF ? (locale/départementale/nationale) : oui /non

• Si oui,  la/lesquelles :

• Sur quelle période les, l’as-tu exercée(s) :

➔ Es-tu ou as-tu été élu(e) communiste ? oui /non

• Si oui ton ou tes mandats :

• Sur quelle période les, l’as-tu exercé(s) :

 

 

➔ Parmi tes compétences, ou connaissances lesquelles pourraient être utiles au Parti :

……

 

 

 

➔ Quelles sont pour toi les 3 campagnes prioritaires à mener dans les mois à venir ?

-

-

-

 

 Quelles sont pour toi les 3 combats/défis prioritaires à mener dans les années à venir ?

-

-

-

 

➔ Qu’est-ce qu’être communiste pour toi aujourd’hui ? (En 4 lignes) 

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Publié par pcfmanteslajolie - dans Congrès PCF
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28 août 2017 1 28 /08 /août /2017 07:39

Saint André en Barrois,

Le 26/08/2017,

Hommage rendu à l’occasion du stage de formation d’été organisé par les initiateurs du texte alternatif n°4 lors du 37ème congrès.

Écrit et lu par Alain Girard.

Juillet 1940, le Nord Pas de calais devient la Zone interdite et se trouve rattachée au commandement allemand de Bruxelles.

Dans la même période, en Alsace Lorraine, la frontière de 1871 est rétablie, la Lorraine est coupée en 2. La Moselle est rattachée au territoire de Sarre Palatinat, c’est l’annexion. Les richesses industrielles et minières, comme celles du Nord, expliquent évidemment la place accordée par le pouvoir nazi dans le cadre du Reich millénaire.

Pour tenir en mains la Lorraine française, un préfet collabo, fervent anti communiste, Jean Schmidt qui déploiera tout son zèle dans les départements demeurés français mais constituant la Zone réservée, il déclarera « cette amputation doit être acceptée par le patient et exécutée vite pour ne pas être recommencée ou étendue ». Tout était dit.

3 Corps d’armées allemands occupent la Meurthe et Moselle particulièrement dévastée par les combats.

 Dans le Nord Pas de calais c’est le Préfet Fernand Carles qui officie avec le même engouement.

A l’évocation de ces régions,  ces particularités : industries et agriculture et de fait, c’est à un mouvement syndical puissant, un Parti Communiste français et ses militants très actifs et structuré que se trouve confronté le pouvoir nazi et ses sbires français et autres fidèles serviteurs de cette classe bourgeoise qui avait choisi Hitler plutôt que le front populaire, choix de caste, de classe, choix de la trahison.

La Meuse demeure le point faible de par sa très faible industrialisation et son isolement géographique, la résistance connaît de nombreuses difficultés, cependant dans ce territoire différents mouvements émergent : essentiellement  de ce qui allait devenir la mouvance gaulliste et celle des communistes.

La faiblesse organisationnelle du PCF, de ses effectifs, une répression féroce, active et efficace parviennent à quasiment liquider toute notre organisation dans ce département.

Cependant dans les environs, le groupe de Giovanni Paci, communiste, sabote la centrale électrique qui alimente le haut fourneau d’Auboué,  c’est avec l’appui de la préfecture de Pétain que le groupe est démantelé, des otages exécutés. Le groupe Marcel Simon, ouvrier chaudronnier communiste, prend la relève,  les sabotages contre l’appareil de production sont spectaculaires.

La résistance, de fait, se militarise, la lutte armée se dessine.

Juillet 1941, le groupe Mario, communiste, en Moselle, met en place les premiers groupes de combat, les dépôts d’armes, l’aide au passage des réfractaires et toujours les sabotages. 2000 membres, l’hiver 1943-1944, le groupe est quasiment anéanti, 752 camarades sont arrêtés.

Si les mineurs du Nord Pas de Calais ont mené au bout la grève et la terminent en réclamant des armes,  sans oublier les grèves qui touchent des usines  du Nord, mouvement animé par les femmes du textile essentiellement,  au prix d’une répression d’une sauvagerie sans nom, en Lorraine, la classe ouvrière paie également le prix. Sur les 752 arrêtés, 57% sont des ouvriers d’usine, 22% des mineurs (charbon et fer), 11% des cheminots et parmi eux, une centaine de camarades  italiens et une cinquantaine de camarades polonais.

Oui, Lorraine et Nord Pas de Calais, la lutte pour la Libération nationale et au-delà pour nombre d’entre eux, le combat pour une société débarrassée des antagonismes de classe, cette lutte est celle de la classe ouvrière et de ses éléments les plus conscients, les plus avancés.

Dès lors, la Meuse voit une répression terrible, le PCF est en voie de disparition, avant guerre, il ne recueille que 3% des voix, ses dirigeants sont tous tombés les 21 et 23 juin 1941 et seront internés au camp de Compiègne, vous imaginez ce qu’ils sont devenus et pourtant le Maquis d’Argonne tient bon.

Le maquis regroupe 1080 combattants, parmi eux 250 étrangers, polonais mais également soviétiques, évadés des mines de fer où ils ont été déportés.

Alors que s’approche le 100ème anniversaire de la révolution d’Octobre 17, nous pouvons aujourd’hui rendre hommage aux Groupe Stalingrad du maquis d’Argonne, 37 évadés des camps lorrains, 37 soldats de l’Armée rouge. Hommage au groupe Tchapaiev, encore du Maquis d’Argonne dont la mémoire est aujourd’hui enfouie dans un silence étonnant…

Nos camarades de la cgt Meuse ont initié le rappel à la mémoire ouvrière, ici même, l’an passé et le feront à nouveau cette année.

Autre hommage et là, il faut aller lire la presse russe, comment ne pas saluer ces femmes héroïques, le mot reste si faible.

1er Mai 1944, Thil, mine de fer, à 90 kms d’ici, 37 femmes, toutes originaires des Républiques d’Union soviétique, déportées là, défilent, elle ont fabriqué en cachette leur drapeau rouge, elle portent au front des foulards de la même couleur. Du train qui les amène sur le lieu d’esclavage, elles osent marcher jusqu’à la mine en chantant notre chant, notre Internationale.

Honneur aux 37 femmes du détachement Rodina, qui, en pleine nuit, finissent par s’évader, marchent 90 kms et rejoignent… Le maquis d’Argonne où elles exigeront de participer aux combats.

Pendant ce temps, décapitée, la direction de la Résistance communiste se réorganise, Charles Duquesnoy et 9 autres camarades ont rejoint la Meuse pour rétablir l’organisation du parti.

Venus du Pas de calais, les 10, vous l’aurez deviné, sont tous des ouvriers, des mineurs, comme leurs frères de combat en Lorraine, le charbon, le Fer.

 Ils sont  les FTPF.

On pourrait dire ici, pour reprendre un chef d’œuvre de la littérature soviétique, que chez nous, c’est avec eux, par eux, que « L’acier fut trempé ».

Belgique, Allemagne, Luxembourg, les 3 frontières de proximité de cette Meuse qui nous accueille ces jours ci. 3 nations où, là également, la Résistance communiste fut déterminante.

Nos camarades venus de Belgique et du Luxembourg en savent quelque chose !

Charles Duquesnoy, mineur ouvrier, tombe ici, il a combattu aux côtés de Catherine Varlin, chargée d’organiser les évadés soviétiques, future journaliste de L’Humanité, alors organe central de notre parti.

Charles Duquesnoy, devait-il demeurer dans les tréfonds de l’Histoire, comme désormais dans bien trop d’endroits, la mémoire s’efface, est gommée, volontairement, sciemment.

En cet instant, celui  qui devrait être celui de la minute de silence , je vous demande de fermer les yeux, quelques instants, et d’entendre :

Guy Moquet, mort au combat

Danielle Casanova, morte au combat

Gabriel Péri, mort au combat

Eusébio Ferrari, mort au combat

Hersz Pawlowski, mort au combat

Manoukian et ceux de l’Affiche rouge, morts au combat

Olga Bancic, morte au combat

Georges Politzer, mort au combat

Emilienne Mopty, morte au combat

Pierre Semard, mort au combat

 Colonel fabien, mort au combat

Joseph Epstein, mort au combat

Vous les avez revus, j’en suis certain, notre Histoire, celle  qui nous a été transmise fait ce que nous sommes : des communistes.

ET désormais nous pouvons ajouter  , Charles Duquesnoy et  ceux du maquis d’Argonne.

Nous sommes les descendants du Parti des Fusillés, nous en sommes le prolongement, les reconstructeurs dirait la presse. Notre combat est celui de celles et ceux qui n’acceptent pas que, devenus ignorants de notre propre passé, nous nous condamnerions à le revivre.

Nous sommes là, avec nos drapeaux rouges, comme celui des 37 femmes soviétiques, comme celui des soldats de l’Armée rouge enterrés à Valleroy en Meurthe et Moselle, morts en esclavage.

 Il y a quelques jours, autres anniversaires, Hiroshima, Nagasaki, folie meurtrière d’un Etat qui en 2017, envisage de bombarder le monde, de la Corée du Nord au Vénézuela et que dire de l’Irak, de la Libye, de la Syrie, que dire de ce nouvel impérialisme  qui se voit s’accoupler à leur Union Européenne, celle-ci amarrée à un Donald Trump, pas bien pire que ces prédécesseurs qui cependant lessivent leurs conscience, faudrait il oublier que sous Obama, sous Clinton et sous Bush, père et fils, Mumia pourrit toujours en prison, comme des milliers de ses frères.

Le capitalisme c’est la guerre, l’impérialisme c’est la fin de tout. Alliés de  toujours contre les peuples, ennemis de demain pour les profits et les tranchées pour qui ? Verdun , c’est à 20  kms d’ici.

Le 23 septembre, dans toute la France, il s’agira de porter le combat pour la paix, pour le désarmement nucléaire, à commencer par chez nous, pour s’opposer à ces « opérations extérieures » au relent colonialiste et de pillages, pour porter l’exigence immédiate de la sortie de la France de l’Otan, cette arme de destruction massive.

Nous avons ce devoir de connaître, de transmettre ce qui fait notre raison d’être : Résister et Vaincre.

Nous ignorons tout ou presque, des 10 du Pas de calais, nous savons que Charles Duquesnoy avait 22 ans, à quoi rêvait-il à 22 ans, à quoi rêvions-nous ou rêvons-nous à cet âge ?

A quoi rêvait sa petite fille, sa femme qui accouchera de leur second enfant en étant veuve ?

Charles Duquesnoy a, aujourd’hui, repris sa place dans notre Histoire, nous ignorons bien sûr ce qu’il aurait pensé de nos jours alors, contentons-nous d’être fidèles à ce qui l’a amené au sacrifice ultime :

LE SOCIALISME POUR LA FRANCE !

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25 août 2017 5 25 /08 /août /2017 08:37

photo d'illustration (source : europe 1 )

 

C'est cette véritable histoire de la faucille et du marteau que vous allez découvrir sur mon blog. La faucille et le marteau, deux outils qui entremêlés symbolisent le communisme. Que cela plaise ou pas et bien que l'Union soviétique ait disparu, cet emblème garde sa puissante signification. Déclaré suranné par certains, il évoque toujours l'espoir de jours meilleurs pour des millions de femmes et d'hommes à travers le monde. Mais d'où vient cet emblème? Qui l'a suggéré, qui l’a créé, qui l’a dessiné ? De quand date t- il ?

faucille-marteau01.jpeg

Que la faucille et le marteau soient un héritage de la révolution russe, rien n'est plus évident. C'est pendant l'hiver de 1918 que le Conseil des commissaires du peuple se préoccupa de faire établir un emblème pour le sceau du gouvernement et le pays alors que diverses représentations spontanées avaient déjà vu le jour. La tâche fut confiée à un artiste, Alexandre Léo. Celui-ci élabora un premier projet représentant une faucille, un marteau, un glaive entrecroisés devant un bouclier d'acier, le tout entouré d'une couronne d'épis. Le Conseil des commissaires du peuple en discuta à partir du 20 avril. Lénine se prononça pour la suppression du glaive : qu'avait à faire celui-ci sur le sceau d'un état qui se voulait pacifique ? (1) Restèrent donc la faucille et le marteau qui furent d'ailleurs reprises en mai et juin 1918 dans bien d'autres projets (2). Retenons déjà la signification pacifiste de ce choix. La faucille et le marteau furent conservées dans les armes de la RFSFR prévues par la première constitution de celle-ci en juillet 1918, puis dans les armes de l'URSS en 1922.

 

Dès 1918-19 d'ailleurs, en Russie, la faucille et le marteau, emblèmes très vite populaires, se croisent ou voisinent, comme ce fut le cas pour les emblèmes républicains à l'époque de la Révolution française, sur toutes sortes d'objets, plats, médailles, timbres (3) etc., tandis que des artistes les reprennent dans leurs compositions, comme le peintre Jean Pougny, qui né en Finlande, travaillait alors en Russie.

faucille-marteau04.jpg

 

Que représentent dans l'imaginaire alors le marteau et la faucille? Le marteau, c'est le travail industriel assurément, mais c'est aussi l'ouvrier, plus généralement l'homme caractérisé par sa vigueur corporelle, car ce marteau peut être aussi une " masse ", lourde à porter. Outil polyvalent utilisé dans de très nombreux métiers et même dans les travaux domestiques - qui n'a pas aujourd'hui un marteau chez soi ? —, il apparaît assez bien adapté à la représentation du travail industriel ou artisanal, surtout si l'on tient compte du fait que les représentations symboliques des réalités matérielles sont souvent marquées par un certain archaïsme.

 

Quant à la faucille, c'est loin d'être seulement un symbole du travail agricole. Bien que le mot faucille en russe (" serp ") soit masculin, la faucille c'est l'outil de la femme à la campagne alors que les hommes utilisent plutôt la faux. La faucille, c'est donc aussi la femme, ce que suggèrent peut-être implicitement ses formes arrondies. Une affiche du 1er Mai 1920 en Russie illustre cette interprétation. On y voit, s'avançant fièrement vers l'avenir, côte à côte, un ouvrier portant une lourde masse, un paysan pourvu d'une faux, une paysanne portant une faucille. La meilleure illustration de cette dualité faucille - marteau se trouve dans le monument du pavillon soviétique à l'Exposition universelle de Paris en 1937, qui fut justement célèbre: un ouvrier et une kolkhozienne tendent vers le ciel, entrecroisés, le premier un marteau, la seconde une faucille. La signification apparaît claire : la société soviétique réconcilie le travail agricole et le travail industriel sur fond de paix comme elle unit plus étroitement l'homme et la femme.

faucille-marteau02.jpg

Il était normal qu'en France, où la pratique des symboles politiques était familière (avec le bonnet phrygien, par exemple), l'attirance pour le symbole nouveau fut vive. Dans la tradition républicaine et socialiste française, bien des éléments préparaient son adoption. La franc-maçonnerie avait déjà popularisé la représentation emblématique des outils du travail (le niveau, le fil à plomb). La marteau était, à travers le personnage du " forgeron ", familier aux écoliers français qui avaient appris à l'école l'Outil de Clovis Hugues : " Le père; un forgeron musclé comme un athlète/a deux outils de fer l'enclume et le marteau " ;ou mieux encore : la Légende du forgeron de Jean Aicard : " Un forgeron forgeait une poutre de fer (. ..)/ Il chantait le travail qui rend dure la main / Mais qui donne un seul cœur à tout le genre humain ".

 

Que de fois l'image de la " forge " avait été utilisée pour illustrer l'avenir en préparation, le rougeoiement du foyer s'identifiant au soleil levant ! Quant à la faucille, bien que cet outil ait été présenté, et parfois en plusieurs exemplaires, dans toutes les exploitations paysannes et même bien au-delà, qu'il ait été largement utilisé par les femmes dans une France encore majoritairement rurale, c'est peut-être un symbole usité, sans doute parce qu'en terme de représentation féminine, l'image de Marianne avait ici occupé le terrain. Un dessin de Steinlen, Souvenir de la Commune de Paris, met au premier plan, dans une foule ouvrière symbole du peuple, un ouvrier muni d'une masse, un paysan avec une faux, mais la femme du peuple qui conduit le cortège est ici - nous dirons : naturellement — une Marianne à bonnet phrygien (4). Rien ne s'opposait en tout cas, dans le domaine des représentations symboliques, à l'adoption en France de la faucille et du marteau.

 

Le prestige de la révolution d'Octobre aidant, la symbolique empruntée à la révolution soviétique s'acclimate sans peine dans le terreau culturel français. Il n'est donc pas étonnant que les timbres du nouveau Parti communiste fassent place en France dès 1922 à la faucille et au marteau (remplaçant la République rouge encore présente en 1921). Ce n'est qu'un peu plus tard avec la bolchévisation que le symbole est associé en 1924 au titre de l'Humanité, comme c'est encore le cas de nos jours. Sans doute, avant cette date, la faucille et le marteau trouvent occasionnellement leur place dans le journal : le 11 octobre 1923, par exemple, un dessin de Grandjouan montre une Marianne assise et pensive à côté d'un porte - feuille d'actions, d'un sabre, d'une faucille et d'un marteau, avec cette légende : " La révolution ou la guerre, la faucille et le marteau du travail ou le sabre, il faut choisir ma petite ! " Le 4 octobre 1924, le pas décisif est accompli. L'emblème- très proche alors que celui de la RSFSR — prend place à la droite du titre de l'Humanité. On tâtonne ensuite pour lui trouver une place définitive d'abord entre le L et le H (24 octobre 1924), puis derrière le M (16 mars 1926), et en même temps on le simplifie et or l'épure pour ne mettre en valeur finalement que les deux instruments de travail. Beaucoup plus récemment enfin, c'est sous le titre du journal qu'ont pris place ceux-ci.

Parti populaire, ouvrier et paysan, le PCF a trouvé dans la faucille et le marteau un emblème dont la signification la plus évidente (l'union des travailleurs industriels et agricoles) semblait bien correspondre à son identité réelle, alors que cet emblème était porteur au départ — comme on a tenté de le montrer plus haut -, de contenus plus riches et plus variés qui n'ont peut-être pas été pleinement assimilés.

faucille-marteau01

Ce symbole représente-t-il correctement ce qu'est devenu le Parti communiste et plus généralement la cause qu'il incarne dans une société profondément transformée? (5) L'imagerie symbolique, il faut le rappeler, n'a pas une fonction de représentation directe. La meilleure preuve n'en est-elle pas que la République s'identifie en France à une femme alors que les femmes ont eu le droit de vote très tard et que jamais une femme n'a accédé à la fonction suprême de l'Etat? Mais il n'est pas moins vrai qu'un emblème a une certaine importance, puisque tant à travers sa perception consciente que par ce qu'il évoque dans l'inconscient, celui-ci doit aider à mobiliser les individus en faveur de la réalité qu'il évoque.

La question de l'origine du symbole fait-elle problème après l'échec de l'expérience soviétique? La disparition de l'URSS, la tendance, en Russie, à revenir aux emblèmes de l'Ancien Régime (aigles et autres prédateurs, tout à l'opposé de nos modestes instruments) restitue — semble-t-il - au symbole du PCF, bien naturalisé en France grâce à l'action du parti qui en est le porteur, un signification indépendante.

Reste enfin l'argument plus fort, selon, lequel l'emblème actuel, en privilégiant le travail manuel, en ignorant le travail intellectuel qui a pris une place de plus en plus grande dans tous les secteurs de l'activité économique, donnerait une image trop archaïque d'un parti qui se veut moderne.

Peut-on trouver mieux ? D'autres s'y sont essayé : l'ex-RDA, par exemple, avait repris, parmi ses symboles, le marteau, mais lui avait associé le compas. La diversité des formes du travail aujourd'hui fait qu'il est difficile sans doute de les résumer dans des outils quels qu'ils soient, surtout si l'on pense que ces outils doivent en outre se prêter à une représentation qui parle à la raison comme au cœur.

Ne fermons pas en tout cas la porte à l'imagination, aux efforts de renouvellement créateur. Mais ce que l'on peut espérer en revanche, c'est que, si un nouvel emblème était souhaité par les adhérents du parti, les significations primitives et émancipatrices de la faucille et du marteau soient conservées et mises en lumière, c'est-à-dire le pacifisme, l'union dans l'égalité, de la femme et de l'homme, la coopération des différentes formes du travail pour une société meilleure.

Raymond Huard

(1) Voir l’Union soviétique n°9 (270),1972,p.8

(2) Voir sur ce point l’ouvrage de W.Bereliwitch et L.Gervereau, Russie-URSS 1914,1991, changements de regards , BDIC, 1991, notamment p.12-13 qui donne une histoire beaucoup plus détaillée des emblèmes soviétiques.

(3) Voir à ce sujet les documents rassemblés dans l’ouvrage En écoutant le cœur de la révolution (en russe) éd.Aurore Léningrad, 1977 (plusieurs rééditions)

(4) Le Congrès de Tours, Ed.sociales, 1980, p.8

(5) La question a été posée dans une lettre à l’Humanité Dimanche par Claude Boudret de Robion Vaucluse), lettre publiée dans le numéro 197, 23 au 29 déc.1993.

 

Le texte ci-dessus reproduit à l’identique l’article paru initialement dans l’hebdomadaire du PCF : " Révolution " n° 727 du 3 février 1994 –pages 26 et 27. Il est publié sur ce site dans le simple but d’informer les internautes sur un sujet rarement (pour ne pas dire jamais) traité sur le web ou ailleurs.

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11 juillet 2017 2 11 /07 /juillet /2017 08:00

EDT pour vivelepcf, 3 juillet 2017

Le rapport de Pierre Laurent constitue une véritable provocation pour le PCF et les communistes. Il explique comment le recul électoral historique est le moyen d’accélérer la stratégie qui l’a provoqué. Après Hue et Buffet, Laurent maintient le cap : le choix de la défaite correspondant aux choix de la liquidation du parti révolutionnaire, avec la seule sauvegarde de leur appareil comme préoccupation. Camarades, ne nous laissons pas anesthésier ou décourager par la pédagogie de la résignation, de l’indifférence, par les discours lénifiants, les manœuvres politiciennes minables. Reconquérons notre parti ! Reconstruisons le parti de classe. 

Lien vers la pétition : « Pierre Laurent doit démissionner »

Le séisme qu’a représenté, pour les militants, le désastre électoral des législatives n’a guère ébranlé la place du Colonel Fabien et le Conseil national, réuni les 23 et 24 juin. Cela ne tient sans doute pas tant à l’architecture en béton de Niemeyer qu’au verrouillage dans la désignation des membres du CN au congrès de 2016.

Réduite d’une demi-journée par rapport à la convocation, la réunion du CN a duré 10 heures. Faute de temps, la parole n’a pas été donnée à plusieurs intervenants inscrits. Toutefois, une demi-heure a pu être consacrée aux élections sénatoriales de septembre. Pierre Laurent a pris plus de deux heures et demie pour faire passer son analyse et la suite de son programme.

Avec un enjeu autrement plus grave, on serait cru à une conférence de presse de Raymond Domenech expliquant que l’équipe de France « monte en puissance », échec après échec, humiliation après humiliation, à la Coupe du monde en Afrique du Sud. Sauf que Pierre Laurent est à la fois l’entraîneur et le président du club.

Le projet de résolution, présenté par Pierre Laurent, a été ratifié, après des amendements validant sa démarche, à une très large majorité. Il ne faut y voir que le reflet de la composition du CN.

A une défaite électorale et une disqualification politique historiques, la direction du Parti décide de réagir de façon minimale. Elle propose d’avancer la date du prochain congrès de 9 ou 12 mois, c’est-à-dire en juin ou novembre 2018 au lieu de juin 2019. Juste, on appellera ça un congrès « extraordinaire ». Mais dont l’ordre du jour – la continuité – et les modalités – le verrouillage – se précisent déjà.

A la situation d’urgence, au désaveu brutal, à la disparition de la moitié de ce qui restait encore du vote communiste, à la submersion sous la radicalité mouvementiste petite-bourgeoise de FI, la direction nationale n’entend donc donner aucun signal immédiat de remise en cause. Elle entérine la nouvelle situation, encore dégradée, et sa continuité. Pour Pierre Laurent l’essentiel est visiblement de temporiser, d’attendre que le choc et la colère se soient atténués dans le Parti, au fil des postures d’opposition, même symboliques, au régime Macron.

TEMPORISER – MINIMISER

Personne au CN n’a qualifié les résultats de positifs. Encore heureux ! Plusieurs intervenants ont illustré le revers historique en partant de situations locales. Plusieurs ont insisté sur le malaise et l’amertume des militants qui se sont retrouvés piégés, impuissants dans le cadre de choix nationaux intenables.

Mais pour le secrétaire national et la résolution, le recul électoral est largement contrebalancé par l’élection de 11 députés, membres du PCF, 4 de plus qu’en 2012. « Elle fait de nous une des forces qui a résisté à la tornade » (Pierre Laurent).

Se confirme  ce qui ressortait des réunions précédentes du CN : maintenir un groupe était la priorité absolue, justifiant toutes les compromissions, notamment face à Mélenchon. 7 des 11 élus étaient soutenus ou directement candidats FI, jusqu’à, pour certains, effacer complètement leur appartenance au PCF. Tous ont été élus à la faveur de l’effondrement du PS. Rapport et résolution vont jusqu’à insister sur une autre « victoire » électorale : l’accession de Marie-Pierre Vieu au Parlement européen, conséquence collatérale de l’élection de Mélenchon à l’Assemblée, dont elle était suivante de liste. C’est révélateur d’un mode de raisonnement politicien.

Aussi, malgré le désaveu électoral, l’institution et l’appareil PCF sont préservés avec une autonomie apparente (groupe à l’Assemblée) et une cohésion minimale. Cela leur permet d’envisager les prochaines élections locales. Cela leur laisse une légitimité pour continuer à intégrer ce que continue à représenter le PCF dans la recomposition de la gauche réformiste. En vue de ce qu’étaient leurs objectifs réels, Pierre Laurent et son équipe se sentent globalement satisfaits et se sentent, du moins, exemptés de toute remise en cause.

TEMPORISER, MINIMISER, SE DEFAUSSER

Pierre Laurent et son exécutif se sont évertués à se défausser pendant tout le CN.

D’abord, en minimisant leur propre responsabilité qu’ils tentent de noyer dans une responsabilité collective de tout le parti et dans la fatalité de la situation politique.

Occulté, le choix unilatéral, sans et contre les communistes, en janvier 2016, de Pierre Laurent, de rentrer dans le processus des primaires initiés notamment par Cohn-Bendit. Oubliés, les tapis déployés pour séduire Cécile Duflot, Christiane Taubira ou Arnaud Montebourg. Tout cela a pourtant bien contribué à dévaloriser l’intérêt du vote PCF. Effacées, les déclarations dans les médias de Pierre Laurent le matin du CN et la veille de la Conférence nationale, annonçant son ralliement sans condition à la candidature de Mélenchon en novembre 2016. Quelques voix dans le CN le lui ont rappelé. Pas un mot sur les négociations biaisées avec FI et le choix, de Pierre Laurent, d’accepter l’humiliation publique du Parti (Les SMS de Mélenchon sans réponse digne : « vous êtes la mort et le néant » !) pour quelques accords locaux aux législatives.

Camarades candidats PCF qui avez été envoyés au « casse-pipe » politique, pour préserver un peu du financement public du Parti, les revers électoraux ne résultent ni de vos campagnes électorales, ni d’évolutions politiques qui vous dépassent, mais bien de ces choix politiques d’effacement de l’identité et des positions communistes ! Pierre Laurent nous propose de nous épargner la confrontation interne, certes ingrate, la remise en cause de ses axes de directions : elle est indispensable pour défendre et reconstruire le Parti communiste.

La place de la critique et de l’autocritique, sur le fond, au CN a logiquement été réduite au minimum et détournée. Tout un aquarium a été noyé à Fabien!

 La thèse imposée par Pierre Laurent et son exécutif est que les candidats PCF ont payé la division de la gauche, plus que les autres, parce qu’ils portaient – justement plus que les autres  – la nécessité du « rassemblement ». On serait allé peut-être trop loin, trop sincèrement, dans la volonté de « rassemblement », alors que « tout a été bouleversé autour de nous » (PL). Voilà tout pour les choix des 15 derniers mois !

« Mais si c’était à refaire, on ne le referait pas comme ça ! » Promis, juré ! On ne le refera pas pour les élections de 2022 que l’on doit déjà commencer à préparer, autrement. Et patin-couffin. Une première diversion.

Des critiques ont émané du CN sur l’absence de candidature à la présidentielle. Mais, de bonne ou mauvaise foi, ces membres du CN oublient que le choix porté, par André Chassaigne par exemple ou les « économistes » en novembre 2016, n’était pas celui d’une candidature communiste, mais celui de l’annonce d’une candidature provisoire, rétractable, suivant le résultat de la primaire du PS de janvier 2017… En violation des statuts du Parti, le choix d’une candidature communiste ferme, sur des positions communistes de rupture, a été écarté du bulletin de vote par la direction. Il ne faudrait pas refaire l’histoire pour mieux la recommencer : il n’y a aucun avenir à un PCF, coquille vide, parti empaillé qui n’aurait plus que l’apparence d’un parti communiste…

Au CN, en revanche, des critiques, il en a plu comme à Gravelotte sur le méchant Mélenchon. De bonne ou de mauvaise foi, des intervenants au CN sont allés au-delà du récit habituel de leurs déboires, dans les départements, face aux prétentions et aux manœuvres des disciples de Mélenchon. Beaucoup ont dénoncé le « socio-démocrate », le « politicien », le « populiste » etc. oubliant les si nombreuses compromissions électorales des élus PCF avec le PS, dont l’ex sénateur socialiste a fait des choux gras.

Difficile de ne pas rire, nous qui, depuis 2008, dénonçons, arguments et faits à l’appui, les orientations du politicien maastrichien Mélenchon, sous les reproches et les dénégations outragés de la majorité du CN. Mélenchon, égal à lui-même, a reproduit en petit, avec le Front de gauche, ce que son maître Mitterrand avait opéré avec l’Union de la gauche. A la différence que cette fois, ce n’est pas une erreur et une défaite stratégique du PCF, mais la conséquence logique d’un choix. C’est Buffet, Laurent, Wurtz, qui sont allés le chercher, en marge du congrès de 2008, laissant les communistes à l’écart, pour aggraver la mutation-transformation du PCF, après l’échec des collectifs anti-libéraux. Il faut rappeler aussi, comment en 2011, la vraie-fausse candidature interne de Chassaigne (présidentielles) a servi à imposer Mélenchon pour la présidentielle de 2012 en canalisant les récalcitrants. Il aura fallu presque 10 ans de déboires, de vexations, d’humiliation, pour que quelques critiques ressortent au CN, et encore principalement en interne. Comme elle vient de le montrer aux législatives, les choix de la direction la conduisent à continuer à accepter l’hégémonie de FI, même si c’est sous une autre forme, dans le cadre de l’intégration du PCF dans une plus vaste recomposition de la « gauche ».

TEMPORISER, MINIMISER, SE DEFAUSSER, CONTINUER

Par voie médiatique, à plusieurs reprises, Pierre Laurent a agité la perspective d’un changement de nom du PCF. Les secrétaires nationaux du PCF l’avancent depuis 20 ans avec toujours la même issue. Le débat fait diversion. Les communistes, qui veulent le rester, nous en tête, s’opposent naturellement au changement de nom. Des éléments de la direction, puis la direction tout entière, au bout du long processus, émaillé de tribunes contradictoires focalisées sur ce seul point (ex : refondateurs versus « identitaires »), se prononcent pour le maintien du nom. Pendant ce temps, les choix d’effacement de l’identité, des positions et de l’organisation communistes sont maintenus. Et dans les faits, ils relèguent le nom PCF, dans le « front de gauche » hier, dans « plus fort la gauche », la « gauche debout » ou une autre formule demain comme l’ont expérimenté des candidats aux législatives (dont des élus), anticipant sur les nouveaux contours de la gauche recomposée.

Férus de communication « moderne », jusqu’à faire payer au Parti les services du prestataire américain de marketing politique « Nation Builder », Pierre Laurent et sa direction s’efforcent d’associer le sigle PCF à l’échec et au passé. Quand on coupe les pattes d’une grenouille, elle ne saute plus quand on l’effraie. C’est qu’elle devient sourde explique le savant Cosinus. De même Pierre Laurent affirme, dans son rapport : « Les enquêtes qualitatives sur l’électorat Front de gauche montrent que, si celui-ci crédite le PCF des conquêtes sociales du XXème siècle et l’intègre dans le patrimoine historique et politique de la France, reconnaît l’action positive des collectivités gérées par les communistes, il ne le considère pas comme une force apte à comprendre les problèmes du XXIème siècle ». Puisque c’est le sondage qu’il a commandé qui le dit ! A moins que cela ne concerne que Pierre Laurent, fils de Paul Laurent !

La résolution du CN est doublement une provocation. D’une part, parce qu’elle dilue toute réaction et renvoie à un congrès éloigné, finalement très ordinaire. D’autre part, parce qu’elle annonce déjà que l’ordre du jour sera la continuation et l’aggravation de la stratégie en œuvre d’effacement du parti. Après ses désaveux électoraux, Robert Hue (rallié à Macron) prétendait « On est au milieu du gué ». Après son échec de 2007, le pire avant celui de Pierre Laurent, Marie-George Buffet envisageait la fin du PCF avant de verrouiller le Parti pour l’engager dans le « Front de gauche ». Proche collaborateur de ses prédécesseurs, Pierre Laurent veut maintenant un congrès qui finisse de « réinventer » le PCF.

Dès à présent, la direction essaie de ficeler l’ordre du jour du futur congrès. Pierre Laurent entend utiliser le désastre électoral qu’il a contribué à causer, en toute connaissance de cause, pour prolonger et achever la liquidation du Parti (avec préservation de l’appareil). Pierre Laurent invite ainsi à revoir « le rythme, l’ampleur et l’ambition des transformations du PCF », bien sûr dans une recomposition à « gauche » avec les organisations sociales-démocrates dans « une perspective majoritaire de changement progressiste » – jusqu’au 99% de la population, toutes classes confondues. Selon Pierre Laurent : « Tout doit être repensé » ; il faudra « procéder à des changements profonds », à une « reconstruction d’une gauche de transformation », « réinventer radicalement l’activité de toute l’organisation PCF » ; « lancer un processus de profonde transformation du Parti ».

La direction a tenu à ce que la résolution du CN comporte une première vaste liste de sujets soumis à l’ordre du jour qui, quel que soit leur intérêt, préfigurent autant de discussions « cause toujours » dans un débat éclaté. Les communistes doivent avoir le moins de prise possible, de possibilité d’expression collective, sur les sujets cruciaux qui fâchent : pas de bilan global de la stratégie de transformation, pas de remise en cause de la conversion à l’UE du capital « réorientable », alors que l’on sera à un an des élections européennes etc.

« D’extraordinaire », le prochain congrès ne pourrait bien n’avoir qu’un verrouillage plus serré encore par la direction sortante et la violation des statuts du Parti.

Les congrès précédents ont été savamment orientés et bâclés. Les résolutions de la direction, fleuve, illisibles – « rallumons les étoiles », « la France en commun » – ont été conçues pour embrouiller toutes les questions, éviter les contradictions essentielles. Les textes « alternatifs » sont envoyés tardivement, dans une liasse illisible, quelques jours avant un vote où les pressions légitimistes et le contrôle des appareils pèsent à fond. Ensuite, la pratique de cooptation des délégations et des nouvelles directions par la direction sortante a atteint un niveau de bouclage inédit, équivalent à sa faiblesse politique sur le fond.

Pierre Laurent et l’équipe dirigeante s’apprêtent à utiliser l’insatisfaction des camarades, devant leurs propres pratiques antidémocratiques, pour les aggraver. Le vote, même faussé, sur les textes alternatifs (dont un vrai texte alternatif, sans complaisance, dont la direction ne peut empêcher le dépôt : en 2016 « Reconstruisons le parti de classe, priorité au rassemblement dans les luttes »), ne leur est plus supportable. Trop risqué pour une direction en telle faillite politique !

Extrait du rapport de Pierre Laurent : « Si je parle de congrès extraordinaire, je n’imagine pas une préparation avec les textes habituels. Ma proposition est différente : j’imagine des chantiers de transformation concrets travaillés dans les 12 à 18 mois à venir, dont les thèmes devraient être décidés avec les communistes dans une première phase de consultation, et qui aboutiraient à des préconisations de transformation effectivement expérimentées dans la préparation, validées et prolongées lors du congrès extraordinaire ». Plus loin, il est – une fois de plus après Robert Hue – question de solliciter les « communistes de cœur ». Le congrès « jetterait les bases des fondations nouvelles de l’organisation communiste repensée », suivant une « préparation inédite ».

Pour mieux faire croire au semblant de démocratie, la direction consultera les adhérents sur … la date du congrès, juin ou novembre. Ensuite, de « ruches » en « ateliers », de « forums » en « chantiers », en passant par les « wiki-débats » (sic) sur internet, les directions se donneront les moyens de parler à la place des communistes, suivant les bonnes méthodes des DRH patronaux, en esquivant tout vote sur les questions sensibles et cruciales.

Un dirigeant a parlé, en toute démagogie, d’un « congrès à 120.000 voix » : un beau déni de réalité quand on sait qu’il n’y guère plus – officiellement – de 30.000 camarades qui participent de près ou de loin aux congrès et que les candidats PCF n’ont obtenu que 600.000 voix.

Camarades, sous les phrases lénifiantes et anesthésiantes de Pierre Laurent, c’est un coup de force qui se dessine. La stratégie suicidaire suivie aux législatives ne relève pas de l’erreur mais d’un véritable choix, celui de la pédagogie de la dévalorisation du PCF, du choix de la défaite. Il s’agit maintenant pour le successeur de Hue et Buffet de finir de transformer le PCF en appendice du réformisme, en un appareil intégré au consensus de la démocratie bourgeoise, vendant, pan par pan, l’héritage historique glorieux du Parti révolutionnaire dont il arrive – encore – à rester dépositaire.

Un membre du CN, classé parmi les « refondateurs » qui joueront l’aile droite dans l’équilibre du congrès, a décrit très justement le processus en cours, que, lui, assume : « le dépassement démocratique et maîtrisé du PCF ».

Camarades, l’exigence de la démission de Pierre Laurent coulait de source après le désastre électoral et au vu de ses responsabilités personnelles accablantes. Après le CN et son rapport, elle prend une autre dimension : marquer le plus publiquement notre refus de la poursuite de la liquidation du Parti révolutionnaire pour commencer à la mettre en échec. Pierre Laurent a déjà une place réservée pour 6 ans encore comme Sénateur de Paris, grâce aux accords électoraux de 2014 avec le PS d’Hidalgo.

Face aux tentatives d’embrouillage et d’anesthésie du Parti, indissociablement des luttes, développons la riposte idéologique et l’actualisation théorique pour engager la reconstruction du PCF, parti de classe, marxiste, héritier des traditions révolutionnaires françaises fécondées par la Révolution d’octobre et le léninisme.

Avec les camarades qui ont initié le texte alternatif du 37ème congrès, « Reconstruisons le parti de classe. Priorité au rassemblement dans les luttes », nous engageons dès à présent la préparation du prochain congrès et utiliserons tous les moyens pour forcer le débat sur les questions de rupture, entre autres, en termes d’alliances, de « rassemblement », sur l’UE, ou sur le socialisme, sur l’organisation du parti de classe et de masse, indépendant des superstructures bourgeoises.

Dans l’avant-garde de la lutte des classes, dans des franges plus larges de la classe ouvrière et du monde du travail, pour combattre l’exploitation, faire grandir l’exigence du changement de société, contre l’impérialisme, l’oppression et pour la paix, une attente s’exprime, dans notre pays, d’autre chose que de postures réformistes radicales, gauchistes institutionnelles, autre chose que le mélange  Mélenchon/Hamon/Hidalgo.

 Redonnons sa raison d’être au PCF !

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3 juillet 2017 1 03 /07 /juillet /2017 06:47

Petite vidéo très instructive.

 

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Publié par pcfmanteslajolie - dans Congrès PCF
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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 06:44

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PCF 2017 : la quasi-disparition électorale suit l’abandon de la raison d’être révolutionnaire du Parti.

Pierre Laurent doit démissionner.

Mais ça ne suffira pas.

Engageons la reconstruction du parti de classe !

 

Nous refusons la poursuite du processus de liquidation du PCF, dont le résultat catastrophique aux élections législatives, après l’effacement complet aux présidentielles, est le reflet.

Nous demandons la démission de Pierre Laurent et du Comité exécutif national.

Ils doivent assumer leurs responsabilités.

C’est le préalable à l’organisation du nécessaire congrès extraordinaire, dans des conditions réellement démocratiques.

Ce texte porte un appel interne dans ce sens.

Dans la perspective de ce congrès, responsables d’organisations locales du PCF, militants, nous décidons de constituer le groupement national « Reconstruire le PCF », considérant la nécessité de dépasser les expressions ponctuelles. Notre base politique est la motion du 37ème congrès « Reconstruisons le parti de classe. Priorité au rassemblement dans les luttes ».

Vous trouverez ci-dessous notre analyse de la situation du PCF, au lendemain des élections nationales.

 

ELECTIONS 2017 : UN RESULTAT DESASTREUX POUR LE PCF. PAS DE DENI POSSIBLE !

 

Au 1er tour des élections législatives, les candidats rattachés au PCF ont obtenu 613.000 voix, soit 2,72% des suffrages exprimés et 1,29% des électeurs inscrits.

Ce nombre comprend les voix des candidats également soutenus par FI, le PS ou EELV dès le 1er tour.

 

En 2012, les candidats PCF, pourtant moins nombreux, avaient totalisé 1.359.000 voix, soit 5,24% (sur les 6,91% du « Front de gauche »).

 

En voix, le résultat de 2017 est le plus mauvais de toute l’histoire du PCF à une élection nationale.

En 15 ans, le PCF subit un 3ème décrochage après les 3,37% de Hue en 2002, le 1,91% de Buffet en 2007 (707.000 voix) : en 2017, effacement total aux présidentielles et descente historique aux législatives.

 

Dans une grande partie du pays, notre parti est désormais complètement marginalisé électoralement, malgré les efforts des militants, souvent déroutés par la stratégie nationale, pour limiter les dégâts.

Seules les positions d’élus ont atténué le recul sur la base des notabilités locales.

 

La catastrophe électorale est incontestable.

 

Nous sommes sidérés par le décalage entre le choc vécu par les militants (et de nombreux sympathisants) et les communiqués de la direction nationale se félicitant de l’élection de 11 députés, adhérents au PCF et de la constitution d’un groupe technique avec 4 députés « divers » d’outre-mer.

Ceci peut tout juste représenter une mince consolation, même si ces élus locaux perdent en moyenne aussi 40% du vote communiste de 2012.

Mais un élu, Stéphane Peu, était candidat de FI (ayant signé la « charte » de fidélité à Mélenchon).

Une autre, Marie-George Buffet, est une ralliée de la première heure à Mélenchon.

5 autres élus avaient vu leur candidature également retenue par FI au 1er tour : maigre résultat d’un an de tractations de sommet.

 

Pour la direction du PCF, depuis un an – en témoignent les réunions du Conseil national -, l’objectif prioritaire, coûte que coûte, était de conserver des postes de députés permettant d’assurer l’avenir de l’appareil et de préparer les prochaines élections locales.

Un parti avec des élus, même sans influence politique plutôt qu’un Parti communiste influent avec quelques élus !

Priorité à la présence dans les institutions, à tout prix, plutôt qu’aux luttes : la « Mutation » initiée sous Robert Hue arrive à son terme.

La voie est ouverte vers la transformation en Parti radical de gauche bis, avec un plus grand patrimoine historique à brader !

 

Pour un parti révolutionnaire, dans le cadre de la démocratie bourgeoise, un mauvais résultat électoral peut être dû à la répression, ou au succès d’une offensive idéologique de l’adversaire de classe.

Au législatives de 1993, nous avions bien résisté, avec 9,3%, malgré la chute du Mur, la fin de l’URSS et alors que le PS s’effondrait déjà.

En 2017, le PCF s’effondre en même temps que le PS.

Sous les coups « d’En Marche », de la « France Insoumise », de l’indifférence ?

La direction du PCF ne peut pas se dérober à ses lourdes responsabilités, le déni de réalité.

 

LE RESULTAT DE 18 MOIS DE LAMENTABLE RECHERCHE DE COMBINAISONS POLITICIENNES

 

Depuis le début 2016, les préoccupations et l’expression publique de la direction se concentrent sur les schémas politiciens de recomposition politique de la gauche, en vue prioritairement d’accords électoraux.

Tour à tour ont été courtisés Hulot, invité la veille du 37ème congrès, Duflot à la table d’honneur du congrès, Taubira et Montebourg à la Fête de l’Huma, les frondeurs etc.

Début 2016, Pierre Laurent s’est déjà engagé lamentablement, sans aucune consultation même du Conseil national, dans les primaires proposées par Cohn-Bendit !

 

La préparation de la présidentielle a été scandaleuse vis-à-vis des communistes.

Le congrès bâclé de juin 2016, les résolutions du CN de l’automne n’ont servi qu’à temporiser, à distraire les camarades avec une candidature virtuelle, rétractable.

Les yeux braqués sur les sondages, la direction a changé de cheval fin novembre, ravalé les critiques enfin émises sur le populisme de Mélenchon (que nous avions faites, quant à nous, depuis le début du Front de gauche).

 

Seul, à nouveau, par voie de presse, le matin du Conseil national, la veille de la Conférence nationale du 3 décembre 2016, Pierre Laurent s’engage et engage le Parti dans l’alignement sur Mélenchon.

 

 

Dans les mois suivants, très pénibles pour les camarades, la direction a voulu se faire entremetteur entre Mélenchon et le PS, puis Hamon.

Quand l’idéologie dominante a renversé les sondages en février et coulé Hamon, la direction du PCF s’est montrée le soutien le plus zélé et soumis à Mélenchon, malgré le mépris, l’anticommunisme et même les injures du personnage.

La préoccupation obsessionnelle, vitale, c’était les tractations pour les législatives dans la vingtaine de circonscriptions où nos positions électives, héritées de l’histoire, laissaient espérer l’élection d’un député.

 

Sur les contenus, pendant les campagnes, la direction a choisi d’avoir une expression autonome minimale, confidentielle.

La brochure « La France en commun », par son intitulé même, se rangeait derrière « l’Avenir en commun » de Mélenchon.

Elle n’était visiblement destinée qu’à donner le change aux communistes et aux plus proches sympathisants.

 

Dans de telles conditions, Mélenchon et la FI, en bons disciples de Mitterrand, ont pu sans mal arracher encore quelques unes des plumes restantes à la volaille communiste.

 

Les orientations de la direction dans les quelques semaines de campagne pour les législatives, tournées vers la situation des quelques « bonnes » circonscription, ont été désastreuses nationalement.

La médiocrité du matériel de base proposé aux centaines de candidats envoyés au casse-pipe le reflète.

 

Un débat dans le parti, sur le 2nd tour de la présidentielle, était nécessaire et important pour discuter des options – toutes recevables – pour réduire, maintenant et à l’avenir, le danger de l’extrême-droite.

Mais il est inacceptable que Pierre Laurent ait court-circuité ce débat, une nouvelle fois depuis les studios de la télévision, le soir du 1er tour.

Après la victoire éclatante de Macron, mettre en avant que le PCF a été le plus prompt et efficace (contrairement à Mélenchon) à faire voter pour le banquier-président était absurde.

Valoriser l’action des députés PCF sortants a eu un impact très limité nationalement.

Le travail de fourmi de leurs collaborateurs et leur représentation dans leur circonscription ne pouvaient pas être perçus largement.

En revanche, le soutien au Parlement à l’Union sacrée, à l’état d’urgence, après les attentats de 2015, à la politique d’austérité de Tsipras, l’étonnante passivité devant la réforme ferroviaire ont laissé des traces.

Valoriser l’action des élus locaux avait également peu de sens nationalement.

Les élus sont souvent parvenus à atténuer, chez eux, le recul aux législatives. Mais nationalement, les collusions avec le PS, dans les grandes collectivités (pensons aux images désastreuses des régionales de 2016 aux côtés du PS Bartolone) ont pesé négativement.

 

Mais surtout, l’axe consistant à revendiquer le bon résultat de Mélenchon à la présidentielle, jusqu’à utiliser son image comme identifiant, contre sa volonté, a été totalement contre-productif, sauf, peut-être dans quelques circonscriptions.

Cela a évidemment fait voter FI !

 

Le sommet a été atteint dans les négociations, parallèles, avec Mélenchon sur les candidatures communes.

Jamais, un accord national n’a été sérieusement envisagé.

En position de force, FI a choisi, suivant ses intérêts, les quelques candidats PCF à parrainer dans la liste des circonscriptions quémandées par la direction du PCF.

Constamment, FI a tourné les communistes en bourriques publiquement.

Pierre Laurent a accepté d’aller le plus loin : jusqu’à faire le choix de l’humiliation du Parti pour sauver quelques places.

Les SMS insultants et assassins de Mélenchon, « vous êtes la mort et le néant », infligés à un secrétaire national sans réaction, ont porté un coup terrible au PCF et aux communistes.

 

Devant un bilan aussi indéfendable, des décisions personnelles aussi désastreuses depuis 18 mois, devant la défiance envers les adhérents placés devant une série de faits accomplis, devant le choix de l’humiliation du Parti, nous estimons que PIERRE LAURENT ET LE COMITE EXECUTIF NATIONAL DOIVENT ASSUMER : DEMISSIONNER.

 

C’EST LE SEUL ACTE SUSCEPTIBLE DE MONTRER AUX TRAVAILLEURS ET PAYS QUE LE PARTI A PRIS CONSCIENCE DU DESAVEU POPULAIRE.

 

C’EST EGALEMENT LE PREALABLE POUR UN CONGRES EXTRAORDINAIRE QUI METTE ENFIN, FRANCHEMENT, DEMOCRATIQUEMENT LES CARTES SUR LA TABLE.

 

La débâcle électorale des législatives n’est pas un incident de parcours mais s’inscrit dans une série continue depuis 2002.

De même, l’effacement total aux présidentielles n’est pas le résultat d’une décision ponctuelle, d’une erreur, de la direction à l’automne 2016.

L’état d’effacement du PCF et des positions communistes a atteint un tel niveau qu’il condamnait toute candidature à quelque chose comme le 1% que lui promettaient les sondages.

Cela aurait encore davantage compromis la sauvegarde de quelques circonscriptions aux législatives.

Ensemble, puis successivement, depuis 25 ans, Hue (passé chez Macron mais encore sénateur, élu par le Front de gauche), Buffet (qui affiche sa proximité avec Mélenchon) et Laurent ont piloté la stratégie d’effacement de l’identité communiste. « Mutation », « Parti ouvert cherche esprit libre », « Bouge l’Europe », « Collectifs antilibéraux », « Front de gauche », « Primaires de toute la gauche » : les formules se suivent.

Peut-être bientôt « Plus fort la gauche » comme le suggère la profession de foi d’un élu député, dont toute référence à « PCF » ou « communiste » a disparu ?

 

Depuis 2002, les effondrements électoraux successifs sont fondamentalement le résultat de la contradiction entre l’identité historique forte que possède le PCF et la ligne politique de reniement de sa raison d’être.

 

Dans l’inconscient collectif de notre pays, de sa classe ouvrière, le PCF, a une identité forte, comme branche française de la seule forme d’organisation politique qui s’est opposée de façon conséquente au capitalisme et qui a mis en échec sa domination dans le monde.

Cette histoire forte, incomparable, est lourde à porter face à l’anticommunisme, à la domination idéologique désormais quasi-totale du capitalisme, à de nécessaires critiques et autocritiques.

Pour ceux qui veulent vraiment rester communistes, c’est une lutte indispensable à l’heure de l’aggravation de la crise globale du capitalisme.

 

Depuis 25 ans, la direction du PCF n’a insufflé que repentance historique, reniement, abandon des fondamentaux théoriques marxistes et léninistes, notamment de l’organisation du parti de classe et de masse (dont la cellule, l’action à l’entreprise, instrument véritable de démocratie et de rassemblement des travailleurs).

 

En revanche, la critique superficielle de l’Union de la gauche n’a pas empêché l’aggravation de l’intégration de l’appareil du Parti dans les institutions, dans la démocratie bourgeoise, avec de plus en plus d’alliances électorales avec la social-démocratie sans principes et sans rapport de force.

La participation, en cogestion, nationalement (1997-2002) et localement aux exécutifs de « gauche » (PS-EELV) qui relayent plus ou moins la politique de casse sociale du patronat, s’est amplifiée.

 

Il n’y a pas à s’étonner que la FI et Mélenchon ont capté bien davantage l’électorat restreint (ne perdons pas de vue l’abstention) en attente d’une gauche revendicative, malgré leurs origines socialistes.

Alors que les candidats PCF, malgré eux, ont été entraînés dans la sanction des partis « traditionnels ».

 

Les propositions économiques officielles du PCF ont été globalement occultées de la campagne électorale sous quelques grandes phrases générales, voisines de celles de FI.

Peu lisibles, réformistes, illusoires, ces propositions ne correspondent pas à ce qu’on attend d’un PCF révolutionnaire, fidèle à ses positions historiques : « réorientation de la Banque centrale européenne », « réorientation des aides aux entreprises », « modulation de leurs cotisations sociales » etc.

 

Quand le bateau n’en finit plus de couler, que le capitaine s’obstine à ne pas changer de cap, l’heure est plus que jamais à la mutinerie !

Une révision politique complète, avec des débats théoriques approfondis, avec la participation la plus large des communistes, y compris de ceux qu’on a écartés ou qui se sont écartés ces dernières années, est indispensable.

 

Logiquement, l’organisation d’un congrès extraordinaire s’impose.

Mais il est inconcevable de laisser Pierre Laurent et son Comité exécutif national le bâcler et le verrouiller administrativement comme les précédents « Rallumons les étoiles » et « France en commun ».

Ils sont disqualifiés par la série de décisions qu’ils ont prises, seuls, au mépris des communistes et des statuts et qui ont conduit au gouffre.

Au passage, nous demandons – point non secondaire – une transparence financière et un moratoire sur les projets de ventes du patrimoine des fédérations, alors que les financements publics vont chuter.

 

A plusieurs reprises dans les médias, Pierre Laurent a laissé entendre, une nouvelle fois, la mise à l’ordre du jour du l’abandon du nom du Parti.

Peut-être seulement, à nouveau pour vider encore un plus la coquille de son contenu, maintenant que les prochaines sanctions électorales nationales sont dans 5 ans.

Toujours plus loin dans la liquidation : c’est inacceptable.

 

La démission de Pierre Laurent et du Comité exécutif national est le préalable indispensable à l’organisation démocratique, à partir des sections, du congrès extraordinaire – un congrès existentiel – qu’impose la situation dramatique du Parti communiste français.

 

Tous les points de vue sont recevables.

Mais ils doivent tous pouvoir être discutés à égalité.

 

Pour notre part, nous refusons tout autant le gauchisme institutionnel que le réformisme radical qui intègrent le PCF dans la recomposition de la social-démocratie.

 

Nous pensons logique que les partisans, dans le PCF, de la démarche de Mélenchon rejoignent la « France insoumise ».

Plusieurs hauts-dirigeants du Parti viennent d’ailleurs de le faire.

Nous n’avons cessé, depuis 2008 et la constitution du « Front de gauche », de dénoncer les conceptions de Mélenchon.

Elles se sont accusées : culte de la personnalité, politique politicienne, électoralisme, opportunisme, anticommunisme, positions profondément réformistes, sous une posture radicale – modèle dirigiste de capitalisme, « keynésien », « rooseveltien », aux accents nationalistes -, fausse opposition à l’UE pour canaliser, à la Tsipras le rejet de classe de l’UE du capital etc.

Nous n’avons cessé d’alerter sur le danger que son populisme de « gauche », sa perspective d’amendement de la démocratie bourgeoise et de changement de régime n’alimente le populisme de droite.

 

Nous ne sommes pas davantage favorables à la poursuite, combinable avec l’option précédente, d’un fonctionnement du PCF, vidé de sa raison d’être, réduit à un humanisme vague et à quelques symboles, à un appareil, force d’appoint de ce qui ré-émergera du PS, des clubs Aubry, Hamon, Montebourg ou Hidalgo.

 

Au nom de l’unité et du rassemblement, on a multiplié ces compromissions stériles.

On a sapé la condition essentielle du rassemblement des travailleurs et de l’unité des organisations progressistes: la place du PCF dans le rapport de force.

 

Il y a urgence absolue à stopper le processus de liquidation du PCF.

Le travail de reconstruction, de renforcement du Parti, d’adhésion, notamment parmi la classe ouvrière, est indissociable de l’action communiste dans les luttes, comme parti de classe.

Nous voulons y contribuer au service de toutes les organisations du parti, avec ou sans la direction actuelle, même contre.

Les mois qui viennent annoncent de dures attaques qui exigent des positions communistes de riposte.

Face au projet de Macron de casser un peu plus le code du travail, dès cet été, après l’échec de 2016, déjouons les manœuvres d’isolement des militants, notamment syndicaux, les plus revendicatifs.

Evitons les postures radicales, essayons de toucher le plus grand nombre de salariés.

 

Face au projet de démantèlement de l’assurance chômage, sachons remettre en avant la définition fondamentale, marxiste, du chômage, dans le capitalisme.

 

La défense de la Sécurité sociale passe par la défense intransigeante du financement solidaire, gagné en 1945, par la cotisation sociale.

 

Le 20 septembre 2017 sera le 25ème anniversaire du référendum sur le Traité de Maastricht.

C’est l’occasion de reprendre notre argumentation d’alors, confirmée par les faits, notre dénonciation de la nature de l’EU supranationale du capital.

Les luttes sociales en France, dans une conception internationaliste, passent par la rupture avec l’UE du capital, le refus de l’application de ses directives, le rejet de son instrument économique de domination, l’euro.

 

Dans le PCF, pour notre avenir, échangeons avec les partis communistes des autres pays, notamment ceux qui ont refusé d’être intégrés dans la réformiste « gauche européenne ».

Alors que tous les principaux candidats à la présidentielle demandaient le maintien ou l’augmentation des dépenses militaires, alors que « l’Europe de la défense » se développe, que l’on prépare l’opinion à de nouvelles interventions militaires françaises à l’extérieur, faisons grandir l’exigence de la baisse des crédits militaires, d’un désarmement unilatéral, du retour de tous les soldats déployés à l’étranger en France, de la sortie de l’OTAN, du refus de toute politique européenne intégrée de défense, comme des interventions impérialistes nationales.

Plus aucune ambiguïté là-dessus du côté communiste !

 

La lutte des classes, du côté des travailleurs, les luttes précises exigent d’être clair sur le capitalisme.

Nous ne sommes pas confrontés à la finance, au capitalisme financier, à une dérive du capitalisme, mais au capitalisme tout court, qui connaît une nouvelle phase dans la crise globale qui lui est inhérente.

 

En système capitaliste, pour la défense des productions répondant aux besoins, le rapport de force peut se construire pour une limitation de la loi du marché (concurrence), pour en s’appuyant sur les acquis de la Libération, des nationalisations démocratiques (municipalisations) de certains secteurs.

Cela pose le débat, sous d’autres termes, de ce que nous pensons devoir rester, redevenir, notre projet de société : le socialisme.

 

Nous allons célébrer le 100ème anniversaire de la Révolution d’Octobre. Nous voulons en faire un moment important d’échange et de réflexion sur « qu’est-ce qu’être révolutionnaire de notre temps, en France ».

 

C’est parce que nous voulons être des militants révolutionnaires, que nous nous battrons pour faire vivre le Parti communiste français.

 

NB : Informations

Ce présent texte d’appel et d’analyse est proposé à la signature des communistes. La liste des signataires (ci-dessous) sera complétée au fur et à mesure.

Il a été rédigé par les initiateurs de la résolution du 37ème congrès « PCF : reconstruire le parti de classe. Priorité au rassemblement dans les luttes ».

Dans la perspective d’un congrès extraordinaire en 2018, ces responsables de fédération, de section, ces militants communistes annoncent la constitution d’un groupement national, dénommé « Reconstruire le PCF ». Une liste de porte-parole nationaux et de contacts départementaux sera communiquée.

 

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Publié par pcfmanteslajolie - dans Congrès PCF Elections
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19 avril 2016 2 19 /04 /avril /2016 06:00

CN du PCF du 15 avril 2016 (Primaires/congrès) – Intervention d’Emmanuel DANG TRAN

Conseil national du PCF, 15 avril 2016, intervention d’Emmanuel DANG TRAN, fédération de Paris

J’ai lu attentivement la résolution de 4 pages qui nous a été envoyée hier soir. Le congrès n’a pas encore commencé que ses conclusions sont déjà écrites ! Il aurait été plus correct que ce dernier texte constitue le projet de « base commune de discussion » proposé par le Conseil national à la discussion des communistes plutôt que le long texte verbeux adopté en mars pour diluer le débat.

Plus de 1000 communistes ont utilisé l’appel dont je suis l’un des initiateurs : « Pour la sortie immédiate du PCF du processus des primaires, pour que cette démarche politicienne ne phagocyte pas le congrès ». Nos trois sujets d’inquiétude se trouvent malheureusement pleinement confirmés.

D’abord, avec les primaires, vous entraînez le Parti dans un cycle de combinaisons et de marchandages politiciens qui sont exactement la « façon de faire de la politique » que les travailleurs, la population qui a le plus intérêt au changement, et parmi eux le grand nombre des communistes, rejettent le plus et à raison. Peu importe que le mot « primaires », la référence au modèle (anti)démocratique américain, soit affublé de l’épithète « citoyennes » ou rebaptisé « votation citoyenne » ou encore « processus collectif réellement citoyen, loyal et transparent ». Cette dernière expression indique a contrario exactement ce que sera le processus : un sac d’intrigues politiciennes entre noms de personnalités ! [Elle a finalement été ôté du texte final…].

Les communistes ont apprécié les épuisantes et stériles expériences précédentes dont les « collectifs antilibéraux » de 2006/7. Cela s’annonce bien pire pour 2017 puisqu’avec les primaires, on va jusqu’à Cohn-Bendit !

Le lobbying pour le renouvellement de l’expérience Mélenchon, face à une candidature non annoncée d’un Monsieur X ou Madame Y, issue du PCF relève exactement de la même logique délétère que le processus « primaires » proprement dit.

Deuxième motif de rejet total des primaires : elles accentuent la focalisation sur les présidentielles et la personnification de la politique que nous déclarons tous combattre. Une illusion tous les cinq ans pour mieux retomber dans le désarroi et la résignation ensuite ! Il n’est pas question pour moi de dire que nous devrions nous désintéresser des présidentielles mais elles ne doivent pas être structurantes de nos choix politiques. A nouveau, vous prenez les choses à l’envers. Notre action dans la lutte des classes devrait conditionner notre approche des présidentielles, en temps voulu, c’est-à-dire dans six mois, et indépendamment des grenouillages politiciens exposés complaisamment par l’idéologie dominantes. Je constate le contraire, la recherche obsessionnelle d’une place dans ce système politicien. Tout doit être fait par les communiste pour ne pas laisser cette démarche être sinon fatale, du moins très lourde, pour le Parti.

L’alignement sur Mélenchon en 2012 a considérablement affaibli le PCF. Du haut de ses 3,9 millions de voix, Mélenchon a su joué son rôle, dès le soir du 1er tour de meilleur rabatteur pour Hollande…

La fièvre qui traverse la direction du Parti, comme maintenant tous les cinq ans, avant les élections présidentielles, les illusions de camarades, impatients, devant l’importante mise en scène de cette échéance institutionnelle, me rappellent une citation, non de La Fontaine mais de Goscinny dans « Astérix. Le Devin ». A peine délivrés du charlatan, les Gaulois du Village se montrent prêts à se laisser tromper de nouveau faisant dire au druide Panoramix à Astérix « Incorrigibles, ils sont incorrigibles !».

Troisième grief contre les primaires : elles préparent et structurent une recomposition politique pour après 2017 avec la constitution d’une social-démocratie de substitution, avec effacement du point de vue et de l’organisation communistes.

Tout l’affichage sur le « contenu » n’est que mot, notamment dans la discussion qui va être expédiée au Congrès. Le contenu est défini par l’étendue de la liste participants à la primaire. Il n’y aura sans doute pas Hollande à la fin (on retrouvera tout le PS dès les législatives pour sauver les meubles !). Mais il y a déjà les nostalgiques du programme de Hollande de 2012, ceux qui ont fait sa campagne d’alors, ceux qui ont joué les forces d’appoint extérieur, ceux qui ont collaboré directement aux gouvernements Ayrault et Valls (dont EELV) !

L’anticommuniste Cohn-Bendit est un des inspirateurs des primaires « de gauche » en France. Dans la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, la direction nationale et certaines directions départementales du PCF ont choisi un partenaire d’EELV qui lui correspond.  Elles ont choisi de se ranger aux élections derrière Gérard Onesta, corédacteur assumé du projet de « constitution » européenne de Giscard ! Depuis les élections, la plupart des élus PCF rescapés se sont rangés dans le groupe fusionné au Conseil régional, intitulé « Nouveau Monde » et dirigé par Onesta.

Marie-George Buffet est absente depuis longtemps du CN. Sur France 3, en vue du congrès, elle s’est prononcée pour le texte des soutiens à une candidature Mélenchon. Sa référence de « gauche » serait-elle cette bonne vieille « gauche plurielle » où elle-même et Mélenchon étaient ministres ensemble du gouvernement qui a le plus privatisé ?

L’issue du processus, qu’on l’appelle « primaires », « votation citoyenne » ou « jeu de dupes » est incertaine. Eclatement comme en 2007, rassemblement derrière un « frondeur » providentiel ? A ce jeu, dans cette recomposition politique, le PCF sera toujours perdant et avec lui, la classe ouvrière en lutte.

Je ne partage pas du tout les appréciations enthousiastes « sur la façon de faire de la politique avec devant les « Nuits debout » », cela sans ignorer la recherche de certains de perspectives de changement politique. Mais depuis le départ du mouvement sur la loi El-Khomri, les rôles, des organisations syndicales de collaboration, de Martine Aubry et des clans du PS, des pépinières de cadres socio-démocrates que sont l’UNEF et quelques autres orgas de jeunesse, sont distribués, « téléphonés » de façon évidente.

Dans ce processus de recomposition, le PCF, dont tous les anticommunistes de « gauche » repoussent l’histoire, sera encore cantonné au plus mauvais rôle. Pour préserver des places aux législatives, aux sénatoriales, il apparaîtra comme le plus lié à l’appareil PS et en fera les frais. Toute honte bue, des apparatchiks socio-démocrates de toujours comme Mélenchon n’hésitent pas à le dénigrer. Il faut dire que les alignements électoraux en 2014  et 2015 sur les socio-libéraux Delanoë et Hidalgo à Paris, Bartolone en Ile-de-France n’aident pas !

Ce n’est pas l’ordre du prioritaire du CN aujourd’hui, mais la priorité du Parti devrait être de travailler à la convergence des luttes, notamment des cheminots en grève « carrée » le 26, des fonctionnaires, avec la suite du mouvement des salariés, avec l’appoint des jeunes, le 28 contre El-Khomri. Loin de toute instrumentalisation du mouvement à des fins politiciennes pour 2017, mais pour gagner le retrait maintenant.

Pour le congrès, maintenant les choses sont claires. Elles doivent l’être pour tous les communistes dans les semaines qui viennent. Le choix se situe, d’un côté, entre les divers versions et habillages de l’intégration et de la dissolution du PCF dans une recomposition politique à gauche et, de l’autre côté, le signal de la reconstruction du Parti de classe avec priorité au rassemblement dans les luttes.   

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Publié par pcfmanteslajolie - dans Congrès PCF Paris
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20 janvier 2016 3 20 /01 /janvier /2016 02:09

CN du PCF – janvier 2016 – Intervention de D. NEGRI

Conseil national du PCF des 16 et 17 janvier 2016, intervention de Dominique NEGRI, fédération de l’Isère

Je retiens que le rapport de Pierre Laurent et la plupart des interventions font le constat – il est temps ! – de l’échec du « Front de gauche ».

Pierre invite à faire un « bilan sans complaisance » des stratégies à l’œuvre depuis plusieurs années et sans les réduire aux seuls résultats électoraux. Allons-y !

Et sérieusement !

Et en remontant aussi loin qu’il faut.

 

Souvenons-nous, sans aller plus loin, de 2007 quand la stratégie d’effacement du Parti dans les « collectifs antilibéraux » a abouti au terrible résultat électoral que l’on sait.

La réaction immédiate des dirigeants du Parti a consisté à vouloir aller plus avant dans la même stratégie suicidaire, avant de constituer le Front de gauche.

Après le naufrage du Front de gauche qu’achèvent de confirmer les élections régionales, je crains qu’on ne tire les mêmes conclusions erronées qu’en 2007 : continuer dans le mur.

 

J’ai retrouvé les déclarations au journal « Le Monde » du 14 septembre 2007 de notre camarade Olivier Dartigolles, à l’époque déjà porte-parole du PCF :

 

« On ne peut plus se la raconter. Après la claque électorale qu’on s’est prise, si on fait comme avant, on meurt »,dit-il. 

Désormais, il est persuadé qu’il faut « une nouvelle organisation politique » dans laquelle existerait « une sensibilité communiste organisée ». 

Pas un « parti ripoliné », mais bien une autre organisation avec d’autres sensibilités, antilibéraux, socialistes de gauche, syndicalistes, altermondialistes ».

 

Aujourd’hui, après les régionales, Olivier Dartigolles, toujours porte-parole national, déclare au Figaro du 14 janvier 2016: « L’une des questions majeures qui seront abordée portera sur la nature et le rythme du changement des transformations au PCF ».

« Il faudra répondre à la crise de confiance qui touche les partis, à leur déconnexion avec la société, sans jeter tout notre patrimoine. Il faudra tout explorer, sans tabou » explique-t-il. 

Même la délicate question d’un changement de nom du parti pourrait être abordée. »

 

Honnêtement, camarades, vous voyez une différence ?

Collectifs antilibéraux, Front de gauche avec le PG, demain « fabriques citoyennes » avec les partenaires des « primaires » : on tourne en rond, en termes de stratégie politicienne!

Avec un seul résultat obtenu à chaque fois: l’effacement du PCF, du parti de lutte et de ses positions révolutionnaires.

 

Aujourd’hui encore, le rapport pose la question complètement de travers.

Au lieu de discuter pour savoir comment sauver « la Gauche » avec les élections de 2017 comme finalité (en créant de nouvelles illusions électorales), posons la question : comment le PCF redevient le parti dont les travailleurs ont besoin dans la lutte des classes très agressive que, globalement, ils subissent.

Avec éventuellement, le moment venu, les élections uniquement pour la relayer (sans illusions).

 

Il est lamentable que toute cette réunion du Conseil national ait été tournée vers l’éventualité de « primaires à gauche ».

Mon avis ?

Pour moi, c’est non à cette farce, à cette mascarade politicienne destinée à accentuer le brouillage politique (que ce soit à « la gauche de la gauche » avec le souvenir de la piteuse expérience des « collectifs antilibéraux » ou que ce soit « avec toute la gauche »).

 

Et je ne veux surtout pas que l’on embarque – comme dans les épisodes précédents – les communistes, malgré eux, sur cette voie, sur la voie d’une nouvelle recomposition politique qu’ils ne pourraient que valider et subir après coup.

 

Quelques mots sur le principal dans le peu de temps qui m’est imparti :

 

-          La tromperie du mot d’ordre de « l’Europe sociale », de la réorientation de l’UE et de l’euro, ces outils d’exploitation économique et de mise en concurrence des peuples de l’UE, est de plus en plus dénoncée, exemple grec à l’appui.

Enfin, j’ai entendu quelques autres voix s’élever ici.

Poser la question de la rupture à tout niveau avec l’UE du capital est essentiel dans la préparation du congrès.

 

-          De nombreuses luttes sectorielles se développent.

J’en cite une qui me concerne directement en tant qu’employée et militante syndicale aux finances publiques : la grève du 26 janvier pour les salaires et l’emploi (32.000 suppressions de poste depuis 2002 aux finances !).

La casse du statut de la fonction publique est à l’œuvre sous ce gouvernement de « gauche ».

Le protocole PPCR (Parcours professionnels, carrières et rémunérations) en est un instrument étendant notamment la mobilité forcée, les rémunérations à la tête du client.

L’absence de position nationale offensive du parti a facilité un certain flottement syndical sur cette question (la direction de la FSU approuvant le PPCR !).

Agissons !

 

Enfin je vous annonce qu’il y a déjà plus de 150 inscrits aux vœux de la section de Saint-Martin-d’Hères le 31 janvier que précédera un meeting sur la coordination des luttes sociales dans l’Isère.

Face au fatalisme ambiant : Résistance !

 

 

CN du PCF – janvier 2016 – intervention d’Emmanuel DANG TRAN

Conseil national du PCF des 16 et 17 janvier 2016, intervention d’Emmanuel DANG TRAN, fédération de Paris

J’ai le plaisir (hum…) d’intervenir en dernier dans la discussion de ce Conseil national.

Dans quelques minutes, Pierre Laurent, parti d’ici depuis 2 heures vers les studios, annoncera sur France 3 une position sur la question qu’il aura mise au centre de ce CN sans que ses membres n’aient rien pu trancher : la perspective de « primaires à gauche ».

 

Cela confirme la tenue à l’écart du CN des décisions principales, telle que d’autres l’ont dénoncée à leur façon ici.

Dernièrement sur l’alignement sur « l’union nationale » et l’état d’urgence après les attentats, auparavant en juillet sur le soutien au plan Tsipras/EU etc.

 

Au CN du 10 juin dernier, la direction a fait voter une résolution très générale sur les régionales ouvrant à des alliances imprécises.

J’ai voté contre ce texte, contre son contenu insuffisant et contre sa démarche prévisible [seule voix contre, sachant que plusieurs proches camarades du CN étaient excusés].

Cela n’a pas manqué, dans les semaines qui ont suivi, la direction du Parti s’est engagée dans une recherche d’alliances électorales contre-nature derrière les pro-européens d’EELV.

On voit le résultat.

On mesure aujourd’hui, à ce CN, à travers les interventions enthousiastes ou réticentes des camarades de la région pilote Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, la nature de la recomposition politique engagée avec la constitution d’un groupe commun dans le nouveau conseil régional avec les élus EELV.

 

Alors demain, dans la perspective de « primaires » pour les présidentielles, on continue à noyer le PCF dans un ensemble allant jusqu’à l’anticommuniste, européiste (giscardien !) Cohn-Bendit ?

 

J’ai conscience que je vais être un peu hors sujet en ne parlant pas que des primaires… le sujet imposé du jour que pourtant le PCF pourrait et devrait purement et simplement ignorer…

 

Je veux exprimer mon inquiétude devant la tentative de pénétration du FN dans le monde du travail, qui devrait préoccuper le Parti en première ligne. 

Comme la camarade des Ardennes, je pense que nous devons analyser et démonter avec soin le brouillage qu’organise le patronat quand Gattaz appelle à s’opposer au FN.

 

Dans la Somme, cette semaine, il y a eu la provocation antisociale qu’ont représentée les condamnations des syndicalistes de Goodyear. 

Il y a eu aussi un meeting contre la fermeture programmée de l’usine SAPAG de Ham. 

SAPAG, racheté par le groupe américain Pentair, produit des valves notamment pour Areva et Total.

L’intersyndicale avait invité des élus et représentants politiques de tous les partis, dont le PCF 80 et … le FN.

Le président de séance FO a passé la parole au FN sans que personne ne bronche à l’exception de la délégation du PCF de la section de Saint-Quentin (ville de l’Aisne voisine où résident de nombreux ouvriers de SAPAG).

Les camarades ont été poliment éconduits.

En substance, les salariés leur ont expliqué que les politiques sont tous des pourris et qu’il n’y a pas lieu de faire une différence pour le FN.

Voilà qui doit nous interroger fortement.

La défiance vis-à-vis « des politiques » n’empêche pas que les salariés les invitent et comptent sur les institutions politiques et les élus pour sauver l’entreprise, sur le gouvernement PS et la région LR de Xavier Bertrand.

Le FN s’infiltre, comme force « vierge », avec ses nouveaux élus interpelant les institutions sur des positions « nationales » qui paraissent plus offensives face à la multinationale US.

Il profite du « tous pourris » et a obtenu des résultats électoraux énormes dans ce secteur. 

A la fois pour défendre l’entreprise et pour contrer la démagogie des pires ennemis des travailleurs, ce cas pose la question de l’intervention du Parti, non à la remorque de la « gauche » dans les institutions, mais dans la lutte et la mobilisation pour faire plier les capitalistes.

 

Je reviens aux « primaires ».

 

-          Nous dénonçons les effets pervers de la présidentialisation de la démocratie déjà bourgeoise. Comment peut-on imaginer la reproduire en caricature nous-mêmes ? 

Le problème n’est pas que les primaires ne seraient pas « dans notre « culture », comme a dit Pierre Laurent, c’est que nous devons continuer à rejeter cette mascarade politicienne à la façon US.

Il n’est pas acceptable que l’on détourne l’attention et l’énergie du CN et des communistes sur un tel sujet.

 

-          Nous sommes au début 2016, face à une violente politique antisociale : nous n’avons pas à rentrer dans le système politique qui renvoie tout changement éventuel à l’élection présidentielle une fois tous les cinq ans et qui laisse semer entre temps toutes les illusions électorales.

A quoi même ont servi la campagne et le score de Mélenchon en 2012 (« voter pour lui comme pour moi-même » dixit Mélenchon dès le soir du 1er tour) sinon à rabattre sur Hollande avant d’alimenter de terribles désillusion et résignation ?

 

-          Par ailleurs, personne ne peut être dupe ici des intentions politiciennes qui animent ceux qui appellent à la tenue de « primaires » (et vont multiplier les plus basses manœuvres).

Il n’y aura pas de primaire avec Hollande, pas avec Mélenchon et sans doute pas du tout. 

Il s’agit en réalité de préparer une recomposition politique pour 2017 et surtout pour la suite, et de se disputer accessoirement le rôle et les places que telle ou telle personnalité ou formation pourra y tenir.

 

Une politique encore plus violemment antisociale encore, à la faveur d’une nouvelle crise financière – peut-être une « crise des émergents » –  est à redouter. 

Le recul des acquis sociaux en France est encore loin d’atteindre la situation des pays d’Europe du sud ou même de la Grande-Bretagne.

On imagine sans mal un Juppé ou un Valls assumer la période suivante, en s’appuyant d’ailleurs sur l’état d’urgence.

Le Fn peut continuer à jouer son rôle de déversoir et de repoussoir. 

Mais le système peut avoir besoin dans notre pays, à l’image de Podemos ou de Syriza, d’une fausse opposition de « gauche », plus ou moins « radicale » dans les mots, mais résolument réformiste et pro-européenne.

Pour occuper ce créneau aux présidentielles puis ensuite, les socio-démocrates « frondeurs » ou l’ultralibéral européiste Cohn-Bendit se tiennent prêts.

Trop marqué, Mélenchon n’y a pas sa place.

Communistes, nous n’avons rien à faire avec ça, avec ce que la stratégie de la direction du PCF a commencé à préparer aux départementales et aux régionales en courtisant EELV !

 

-          Au-delà de la tactique politicienne, c’est l’orientation politique de la « gauche » ou de la « gauche de la gauche » que les primaires tendent à imposer qui est inacceptable pour les communistes.

Et cela même si d’aventure, il devait y avoir une candidature PCF de témoignage à la primaire, voire à l’élection même (celle de Pierre Laurent ?) dans ce cadre.

Quelques affirmations anti-austérité, le refus de l’extension de la déchéance de nationalité (après avoir approuvé ensemble l’état d’urgence et la poursuite de la guerre !) constituent un plus petit dénominateur commun sans consistance. 

La résistance et la riposte que le PCF doit porter dans la lutte des classes sont incompatibles avec les positions pro-européennes des frondeurs ou d’EELV, avec la nostalgie du programme de Hollande 2012 !

 

J’appelle le CN et les communistes à refuser la combine et tout ce scénario pour 2017 et à engager une riposte nationale immédiatement en 2016. 

Une fois de plus, cette réunion du CN n’aboutira à rien sur ce qui est le principal.

Dans les fédérations, dans les sections, redoublons les campagnes contre le « pacte de responsabilité » et notamment contre le CICE.

Nous ne pouvons pas considérer comme fait accompli (à aménager) le plus gros transfert d’argent socialisé vers le profit capitaliste.

 

Pour ne citer qu’une seule lutte concrète : mobilisons pour le service public nationalisé EDF, en nous appuyant sur les luttes contre les 4000 suppressions d’emploi programmées, les hausses de tarifs, la privatisation scandaleuse ordonnée par l’UE des barrages, première source d’électricité « propre ».

 

Un seul mot aujourd’hui, pour finir, sur le congrès : pourquoi ne pas revenir au calendrier initial qui prévoyait une « Convention nationale sur le projet » ce printemps et la tenue du congrès cet automne ?

Cela permettrait aux communistes de se prononcer en toute connaissance, au bon moment, sur la préparation – qui risque d’être structurante contre leur parti – de la campagne des présidentielles…

 

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Publié par pcfmanteslajolie - dans Congrès PCF Isère
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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 09:37
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